UA-74655322-1

19/02/2013

LCPEG: Palmarès des affiches

Plutôt que de revenir sur les arguments expliquant une énième fois les raisons pour lesquelles il semble opportun de voter "oui" à une loi pourtant mauvaise, contrainte par un carcan fédéral absurde, je vous propose un tour d'horizon des affiches proposées par les partis appelant à accepter le projet, qui sont presque toutes un témoignage alambiqué de la gêne de tous à défendre un mauvais projet, et surtout de leur mutisme sur la fondamentale remise en question des retraites par capitalisation que ce scrutin aurait dû générer...

L'affiche la plus niaise...

...est sans conteste celle des Verts, qui ont dû organiser à l'interne un concours des adjectifs les plus incongrus pour qualifier cette loi.Verts.jpg Car si l'on peut encore défendre le "réaliste", les autres termes ont une résonnance pour le moins surréaliste lorsque l'on connaît les sacrifices demandés aux contribuables et aux fonctionnaires dans cette affaire et lorsque "l'équilibre" vanté consiste à épargner en fait les plus âgés pour péjorer considérablement les conditions des plus jeunes et des futures générations. Est-ce vraiment compatible avec le développement durable tant vanté par le parti ?

La cause de cette avalanche de guimauve ne résiderait-elle pas en fait dans la délicate position d'un parti dont l'un des représentants à Berne, candidat au Conseil d'État genevois, a accepté, en 2010, la révision de la LPP qui a débouché sur une recapitalisation des caisses aussi coûteuse qu'inutile... ?

L'affiche la plus hypocrite

PLR.jpgSans surprise, il est impossible de départager là le PLR de son clone PDC. Rappelons que le PLR, suivi de près par le PDC, a été le fer de lance de la loi fédérale imposant une recapitalisation des caisses publiques. De ce fait, les cantons, les villes et leurs employés sont coPDC.jpgntraints d'injecter des sommes gigantesques et inutiles dans les circuits bancaires et immobiliers...

Et voilà que l'on prêche l'"efficacité", ou pire encore que l'on menace "d'amputation" un système qu'on s'est pourtant acharné à destabiliser et à démanteler à Berne...

C'est par ce genre de manipulation que ces partis perdent progressivement toute crédibilité auprès de leur électorat populaire qui se tourne peu à peu vers les formations populistes. Je le regrette, sincèrement...

L'affiche la plus absconse...

PS.jpgAprès de longues réflexions, je n'ai toujours pas compris le moindre élément de l'affiche du PS. Une salle d'attente désertée, un slogan hermétique...

Faut-il comprendre que si la CEH devait être liquidée, les infirmières cesseraient de travailler. Mais pourquoi ? Et dans ce cas, la salle d'attente ne devrait-elle pas déborder de patients impatients ?

Il est facile et tendancieux de critiquer la position d'un parti qui a lutté pour obtenir la meilleure loi, a refusé le projet en plénière et renonce à soutenir le référendum, par crainte des énormes risques qu'un "non" engendrerait. Mais là, le PS tend vraiment les verges pour qu'on le batte...


L'affiche la plus incohérente...

Le comité unitaire pour le "oui" plonge la tête la première dans un brComOUI.jpgouet sans rapport avec les positions que ses composantes, partis de gauche et syndicats, ont défendues jusque là. Rappelons que le message a toujours été de dire que la fusion en tant que telle n'était ni un problème, ni une solution, et que c'étaient les conditions de la fusion, à savoir la loi et le plan de prestations en découlant qui devait être négocié, accepté ou combattu.

Et voilà qu'au moment de présenter la loi à la population, le comité retourne sa veste et laisse entendre que c'est le principe de la fusion qu'il s'agit de défendre "pour protéger les retraites de demain"...

Sachant que "les retraites de demain" et plus encore "d'après-demain" vont être englouties par les hydres de la finance, on aurait apprécié un slogan plus sobre... et plus en phase avec les idéaux anti-capitalistes des groupements formant le comité...

Le meilleur slogan

UDC.jpgGardé pour la fin, il revient sans conteste à l'UDC qui, en cinq mots, ose résumer la pensée de la plupart des partisans du "oui". Evidemment, les raisons pour lesquelles l'UDC trouve la loi "mauvaise" ne sont pas les nôtres. Mais j'aurais mille fois préféré que les groupements progressistes annoncent clairement la couleur en affichant leur soutien à un "mauvais projet", pour la seule et simple raison qu'un refus ne pourrait que l'empirer. On aurait évité bien des contorsions, et l'électeur aurait sans doute moins l'impression d'être pris pour un crétin...

05/02/2013

Battir: un portfolio de cartes exceptionnelles

Le 16 janvier dernier, je vous faisais part du destin d'un petit village palestinien, dont les terres agricoles sont menacées par le tristement fameux mur de séparation.

J'évoquais l'admirable combat de ses habitants pour le maintien d'une agriculture traditionnelle et pour le développement d'un éco-musée.

Je mentionnais également l'aide apportée par la cartographe Jasmine Salachas et un groupe d'étudiants lillois. Je reçois à l'instant de leur part une série de cartes exceptionnelles, qui mettent en évidence le grignotage subi par Battir avec une force qu'aucun texte ne saurait atteindre...

J'aime les cartes. Elle sont souvent belles. Celles-ci sont en plus utiles.

01/02/2013

Conseil d'État: L'oukaze des Verts

Ce soir, les Verts genevois fêtent leur 30 ans. Ce sera l'occasion pour les ancien-ne-s militant-e-s de se remémorer l'époque des premières campagnes, des JA-Verts.jpgaffiches en papier kraft et de la liberté de ton qui caractérisait le parti.

Souvenirs émus et un brin nostalgiques, car, si la plupart des militants conservent cette grinta un peu naïve, toujours véhémente et surtout amoureuse de la nature et de l'humain, on doit réaliser que les têtes dirigeantes se sont désormais converties à la realpolitik dans ce qu'elle a de moins ragoûtant.

Triste illustration de cela, le choix des candidats pour l'élection au Conseil d'État...

Lorsque, il y a deux semaines, la présidence du parti a fait savoir son désir de partir sur une liste à deux, de nombreuses voix se sont élevées pour regretter cela, au moment même où la nouvelle Constitution (dont les Verts nous promettent pourtant par leurs affiches de faire le "Service Après-Vente") change les règles du jeu électoral, imposant un deuxième tour aux élections majoritaires. C'est ainsi, que dans l'esprit du texte, le premier tour devrait être une sorte primaire, lors de laquelle la population choisit celles et ceux qu'elle souhaite voir au second tour.

Ce devait être la fin des calculs politiques et de la chasse au candidat le plus lisse.

Face aux nombreuses critiques, la direction du parti a assuré que, comme dans toute institution démocratique, ce serait le congrès qui trancherait la question... Certes, mais aujourd'hui nous avons la très désagréable surprise d'apprendre par un communiqué que seuls deux candidats à la candidature se présentent, annulant par là-même tout débat et faisant taire toute voix discordante.

En observateur naïf, j'explore donc quelques hypothèses:

- N'y a-t-il réellement pas plus de vocations à la candidature dans le parti ?

C'est désormais l'hypothèse servie à ceux qui posent des questions: La charge de Conseiller d'État est épuisante et ingrate. Personne n'en veut.

Admettons, mais pourquoi alors les candidatures se pressent-elles dans les autres partis ? Est-il vraiment concevable que, dans un des partis les plus influents du canton, on ne trouve pas plus de deux personnes intéressées par cette fonction ? Y a-t-il vraiment un pareil déficit d'ambition, ou alors compétences ? Allons donc...

On notera au passage que, si cette hypothèse devait être la bonne, la liste à deux ne serait plus un choix stratégique, mais une nécessité, faute de combattants. Le parti n'aurait donc aucune légitimité à demander à ses partenaires de réduire leur liste, s'ils devaient souhaitaient partir avec plus de candidat-e-s.

- A-t-on bloqué les velléités de candidatures ?

Sans doute pas de blocage actif, mais le communiqué précisant la volonté de la direction du parti de partir à deux a manifestement eu pour effet (et sans doute pour but) de brider les éventuelles bonnes volontés.

- Y a-t-il un vraiment risque à présenter plus de deux candidat-e-s ?

L'élection se déroulant en deux tours, ce risque est nul. De plus, dans la perspective d'une bonne mobilisation au second tour, il est même souhaitable qu'aucun candidat ne passe la barre des 50% au premier tour, ce qui est de toute façon peu probable.

On m'a rétorqué que le PS et les Verts vaudois étaient partis à quatre lors des dernières élections. Cela est vrai, mais il n'y a aucune raison de croire que, s'ils étaient partis à 6, ils n'auraient pas aussi obtenu 4 sièges (ou même plus !).

- Doit-on à ce point protéger Michèle Künzler ?

La raison de ce blocage peu respectueux des nouvelles institutions ne peut être autre. Il est vrai que Michèle Künzler a plus d'une fois été la cible d'attaques médiatiques et politiques aussi violentes qu'injustifiées. Le bizutage a commencé avec la répartition des dicastères et a continué régulièrement jusqu'au camouflet du Vélib'.

Elle ne le mérite pas. Mais mérite-t-elle d'être protégée d'une façon aussi grossière ? Plutôt que de défendre son bilan, son parti préfère lui créer un bouclier électoral, qui sonne comme un aveu de faiblesse. Ce qui ne pourra que la plomber en cas de réélection.

Non, je préférerais mille fois qu'elle se défende, qu'elle attaque, et que l'électeur tranche - si possible en sa faveur. Cela s'appelle la démocratie, c'est ce qui a permis, au cours des décennies précédentes, au parti de se créer une jolie place dans le paysage politique.

Un peu déçu de cette évolution, mais toujours enthousiasmé par les enjeux qui font que les militant-e-s vert-e-s ont plus que jamais raison de se manifester et de se battre, je souhaite au parti un excellent anniversaire en espérant qu'au cours de sa quatrième décennie, il retrouve un peu l'esprit de son enfance...

27/01/2013

Pince-mi et Pince-moi sont dans une caisse de pension...

Une pincette, voilà le prosaïque ustensile que j'associe spince-a-linge.jpgpontanément à la campagne sur la nouvelle caisse de pension de l'État. Après plusieurs mois de débats, suite à l'absurde modification de la LPP de décembre 2010, après un référendum attisant les divisions syndicales, il faudra bien nous prononcer sur cette loi. De mon côté, ce sera un OUI résigné et frustré. Frustré de ne pas avoir à me prononcer sur les vraies questions portant sur notre système de retraite et frustré d'assister une fois de plus à un déchirement des forces progressistes causé par une droite qui risque une fois de plus de se mettre en retrait de la campagne. D'où la pincette...

Lire la suite

16/01/2013

Palestine: Battir, un paysage en danger !

2012-12-12T160619Z_01_JER03_RTRIDSP_3_PALESTINIANS-ISRAEL-BARRIER.jpg

La scène se passe à Battir, 5 km à l'ouest de Béthléem. L'histoire a voulu que, en 1949, la ligne verte séparant Israël de la Cisjordanie passe entre le village, sur la colline, et une partie de ses terres agricoles, mises en terrasses sur les flancs de la vallée en contrebas.

Cette situation particulière, les habitants de Battir vivent avec depuis 60 ans, franchissant tous les jours sans incident la ligne pour cultiver leurs terrasses, construites par leurs ancêtres, qui avaient imaginé des systèmes d'irrigation complexes, typiques des civilisations hydrauliques des terres arides.

Peu à peu, cependant, l'autre versant de la vallée, en Israël, a été planté de pins, dont les aiguilles ont progressivement acidifié, puis stérilisé les sols. Peu à peu, sous la pression du développement, et de la concurrence économique de l'agriculture industrielle, l'exode rural a fait son oeuvre et certaines terrasses ont été abandonnées.

Et pourtant, il y a quelques années, une équipe d'ingénieurs et d'architectes a réalisé la richesse des paysages de la région: Les terrasses et l'irrigation, bien sûr, mais également des vestiges archéologiques témoins de l'histoire riche et mouvementée de ce lieu.

Avec le soutien de l'UNESCO et des fonds italiens, un Ecomusée a été fondé. Son but: préserver le paysage, mais également le patrimoine immatériel de la région, en premier lieu les pratiques agricoles.

Or, comme on le sait, Israël projette d'ériger un mur de protection cloisonnant les territoires palestiniens. Comme on pouvait le redouter, les plans prévoient de séparer irrémédiablement le village des terrasses agricoles, parachevant ainsi leur abandon et détruisant un paysage d'une valeur unique. Sans même polémiquer sur la pertinence du principe d'un mur de séparation, on ne peut que s'effrayer des conséquences locales d'un pareil projet. Ce d'autant plus que, le village et ses terres appartenant aux zones B et C des accords d'Oslo, il est déjà séparé du reste des territoires palestiniens (zone A) par un autre mur, visible sur la carte ci-dessous (en orange, le tracé des murs, en jaune les surfaces confisquées, parmi lesquelles, la vallée d'Al Makhrour)... L'argument sécuritaire semble bien mince...

Un jeune ingénieur natif de Battir, Hassan Muamer, a intégré l'équipe de l'Écomusée il y a trois ans. Je l'ai rencontré l'automne passé à St-Dié-des-Vosges, au Festival International de Géographie. Il animait un "café-cartographique" en compagnie de jeunes paysagistes de l'ENSAPL de Lille.

Son énergie, sa volonté de réaliser un projet alliant la recherche scientifique, la préservation du patrimoine et la défense de la qualité de vie des habitants de son village forcent le respect. Aucune animosité envers l'occupant, mais une forme d'enthousiasme lucide. Il sait ce qu'il peut attendre d'Israël, à vrai dire pas grand chose, mais est prêt à se battre pour l'obtenir, car sa cause, loin du nationalisme, et encore plus loin du fondamentalisme religieux, est juste et universelle.Boules de neige.jpg

Aujourd'hui, une partie de l'opinion israélienne se mobilise contre le projet de mur à Battir. En témoignent les propos de Gidon Blomberg, président des Amis de la Terre-Moyen Orient, recueillis par Haaretz: "Il est important de relever qu'il ne s'agit pas d'un patrimoine palestinien ou israélien. Il s'agit d'un patrimoine commun à toute la région, et à toute l'humanité. Cette région a connu des guerres tout au long de son histoire. De quel droit pourrions-nous détruire un patrimoine vieux de 5'000 au nom de notre conflit ? En particulier lorsqu'il y a d'autres moyens utilisables pour résoudre les problèmes de sécurité".

Hassan sait que l'Ecomusée est un outil idéal pour ouvrir le village au monde et freiner l'exode rural. Sans lui, les jeunes qui y vivent encore partiront chômer à Hébron, à Ramallah. Certains iront grossir les rangs du Hamas et alimenteront les haines. Il sait que tant les Palestiniens que les Israéliens ont intérêt à ce que le projet se développe et que le mur ne se construise pas.

Il va de l'avant. Propose des randonnées dans la région. Crée du travail pour les maîtres d'oeuvres locaux. Veut créer un forum d'échange dans lequel les habitants de la région pourraient s'informer et partager les bonnes pratiques. Fait reconnaître le bien-fondé de son projet par les plus hautes instances de l'UNESCO. Parvient à sensibiliser des journalistes du monde entier.

Et pourtant, la construction du mur est toujours planifiée pour le printemps 2013...

L'équipe de l'Ecomusée et les habitants de Battir ont besoin de notre aide. Jasmine Salachas, organisatrice de passionants "cafés-cartographiques", à Paris comme à St-Dié, reste en contact avec les villageois de Battir et soutient leurs efforts.

Les nouvelles sont inquiétantes. Je centralise et transmets volontiers les coordonnées des lectrices et lecteurs désireux d'être informé-e-s de l'évolution de la situation et/ou qui souhaitent envoyer un message de soutien, agrémenté ou non d'une aide pécunière, aux efforts des habitants de Battir. N'hésitez pas à me contacter !

battir carte2.jpg

11/01/2013

Alterliste: Une étoile filante et un nouveau voeu ?

Ma note du 1er janvier proposant, comme voeu pour 2013 la mise en place d'une Alterliste de 100 noms aux élections législatives de cet automne a suscité quelques réactions, fait couler un peu d'encre et permis de lancer quelques joutes numériques pas toujours inintéressantes.

Plusieurs messages de soutien à cette idée m'ont convaincu de tenir mon engagement, à savoir de co-organiser une première rencontre pour essayer de transformer l'idée en projet. Mais, force est de constater que, au moment de décompter celles et ceux qui sont prêt-e-s à aller au-delà des témoignages de sympathie, le nombre est loin d'être suffisant pour prétendre proposer quoi que ce soit de crédible...

Peur de l'engagement ? de générer plus de discorde que de concorde ? de se retrouver troupeau sans berger ? d'être confronté à des ultras pour qui l'anathème tient lieu de réflexion (certaines interventions, notamment sur Facebook sont assez révélatrices de cet état d'esprit) ?

Je crois surtout qu'il y a une forme de contradiction à vouloir lancer un projet dont une des caractéristiques est d'être émis "par la base". Car enfin, le calendrier, les enthousiasmes et les goûts des militant-e-s ne sont pas nécessairement les miens et, malgré mes engagements fermes et explicites de refuser toute position particulière dans le groupe, malgré un cadre intentionnellement peu défini à l'avance, bon nombre de candidat-e-s potentiel-le-s ont sans doute plein d'autres choses plus passionnantes à faire que de consacrer des soirées d'hiver à discuter politique et élections. Et a fortiori de s'engager dans une campagne nécessairement chronophage pour des résultats incertains.

Sans compter que, la tâche de député-e n'étant ni légère ni particulièrement attrayante pour le commun des mortels, on peut facilement comprendre le peu de motivation pour la réalisation concrète d'une idée suscitant pourtant une large sympathie.

Le projet est donc gelé. L'idée demeure. Je ne dirai pas que je laisse les clés de la maison à qui veut les prendre car l'Alterliste est une maison sans serrure qui peut être habitée par n'importe qui, dès lors que ses engagements partagent le dénominateur commun de ce qui devrait unir la gauche et que son comportement est respectueux des autres habitants et des espaces communs. Il y a de la place, toutes les chambres se valent. C'est le lieu où devrait s'appliquer la jolie formule de Bakounine, que m'a soufflée Pascal Holenweg: "La liberté de tous étend à l'infini la liberté de chacun."

Pas de regret donc, mais de la reconnaissance envers celles et ceux qui ont pris la peine de réfléchir à la question, de l'évaluer, de la partager et de la commenter. Merci également à celles et ceux qui m'ont proposé de revendiquer une place sur la liste de leur parti. En l'occurence ma note n'impliquait pas nécessairement un intérêt personnel pour une candidature, et en tout cas pas dans le cadre certes estimable, mais tout de même très exigu imposé par les partis.

L'Alterliste ayant vraisemblablement été une étoile filante, je me permets donc un second voeu: Que les mouvements de gauche réussissent à appliquer à eux-mêmes les valeurs qu'ils affirment partager: l'égalité, la liberté, la tolérance et le respect des avis minoritaires. Dès lors, ils auront énormément gagné en crédibilité et n'auront aucune peine à s'unir pour contribuer à flanquer une déculottée mémorable à la droite cynique et arrogante des lobbies de la finance et du béton.

09:47 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

01/01/2013

Un voeu pour 2013: Une "Alterliste" de 100 noms aux élections cantonales !

Genève, Grand Conseil, Alterliste, politique, gauche, associations

Au-delà des voeux personnels et consensuels que je me réjouis de présenter aux lectrices et lecteurs de ce blog, il est une idée que j'estime opportune de développer au moment où chacun vient de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année.

Mes considérations étant relativement longues et touffues, je me permets de débuter par la conclusion, étant certain que nombre de lectrices et lecteurs seront heureux de commencer par la fin pour, éventuellement, lire ensuite le début...

 

Conclusion

Donc, pour éviter les catastrophes électorales de 2009 et 2005, tout en garantissant une légitimité populaire forte à une liste alternative à la gauche institutionnelle, une solution que j'imagine simple et réaliste serait de créer une "Alterliste" qui ne fédérerait pas des partis ou des associations, mais des individus aussi nombreux que possible (les listes peuvent présenter 100 noms !) qui s'entendent sur deux points:

- un programme commun simple et concis

- la garantie que chaque élu-e de la liste bénéficiera d'une liberté absolue de parole et de position dans le cadre de ses fonctions de député-e, dans la mesure où il-elle respecte les principes énoncés dans le programme.

Si par extraordinaire un nombre suffisant de militant-e-s, membres ou non de partis politiques ou  d'associations, se révélait prêt-e-s à lancer ce projet, je m'y associerais volontiers, sans d'ailleurs nécessairement faire acte de candidature. Je reçois volontiers vos messages et co-organiserai avec plaisir une éventuelle première réunion, tout en refusant tout statut particulier, conformément aux principes énoncés dans le texte ci-dessous.

Lire la suite

16/12/2012

À propos de Depardieu, des fonctionnaires et des impôts

Les journaux nous apprennent donc qu'un acteur, dont le talent s'est progressivement effacé derrière l'obscénité de ses cachets et la grossièreté de ses frasques, s'est décidé à fuir son pays Néchain.jpgpour une riante bourgade frontalière belge (qu'on en juge sur la photo !).

Ce n'est évidemment ni la guerre, ni la peur de l'emprisonnement pour ses nobles idées qui l'ont transformé en réfugié d'outre-Quiévrain, mais les millions en jeu, avidemment convoités par le fisc français et, manifestement, encore plus chéris par leur détenteur, sans d'ailleurs qu'il n'ait jamais précisé l'usage qu'il comptait en faire. En effet, son train de vie parisien apparaissait suffisamment fastueux pour témoigner que le reliquat de l'avidité fiscale suffisait amplement à mener un train de vie honnête, loin du besoin et des soucis matériels.

Jusque-là, la ridicule vilenie du bonhomme semblait incontestable et l'adjectif "minable", employé par le premier ministre français, bien faible pour désigner pareil comportement.

Et voilà pourtant le ban et l'arrière-ban de la droite libérale de nous rechanter l'antienne du vampire fiscal français, qui assommerait les classes moyennes, sous-entendLouisXVI.jpgant à la fois que Depardieu en fait partie, et que sa fuite est encore plusestimable que celle de Louis XVI (qui, lui fut toutefois arrêté avant d'atteindre la Belgique...). Vous en trouverez quelques brillants exemples sur les réseaux sociaux, en particulier ceux relatifs à l'émission de la RTS "En ligne directe" qui traite de ce sujet lundi.

Au risque de briser quelques idées reçues, il faut rappeler que le système fiscal français, où seuls 46% des foyers paient de l'impôt sur le revenu et seuls 0,75% de l'impôt sur la fortune (tant décrié par les adorateurs de Sarcopé), est particulièrement juste sur le plan social et épargne largement la classe moyenne, qui, pour une grande part y échappe complètement ! On objectera que cette justice est amoindrie par un taux de TVA très élevé, particulièrement antisocial donc. Mais, à ce que je sache, ce n'est pas cela qui a fait fuir Depardieu, ce d'autant plus qu'il n'entend manifestement pas renoncer à fréquenter les commerces de son pays d'origine.

On remarquera aussi, avec un petit sourire, que les mêmes qui justifient que des ultra-riches se soustraient à la solidarité fiscale estiment que les employés de l'État sont outrageusement trop payés. La question de la juste rémunération ne pourra pas être traitée exhaustivement ici, mais on est tout de même en droit de se demander pourquoi une chanteuse peroxydée mérite des revenus quotidiens équivalents au salaire annuel d'une employée de l'Hospice Général, pourquoi un lippo-suceur mérite une meilleure rémunération qu'un fossoyeur et pourquoi un acteur faisandé peut se vanter de payer à lui seul plus d'impôts que 38 ans de budget de fonctionnement du Théâtre de Carouge ?

Un peu de cohérence donc ! Soit l'on estime avec les tenants du "moins d'impôt!" que la classe moyenne commence à 200'000 francs annuels pour se terminer à 5'000'000 et on adapte les salaires de la fonction publique en conséquence, soit on admet humblement que ceux qui gagnent trop pour simplement vivre, peuvent simplement partager un peu...