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15/02/2015

Supprimons la TVA et taxons les énergies sales !

Convaincus par ma dernière note de la pertinence d'abolir la TVA, vous vous demandez, en vue de la votation du 8 mars prochain, si son remplacement par une taxe sur les énergies sales* est vraiment une bonne idée...

De prime abord, il s'agit d'une solution de facilité, destiné à réduire un comportement jugé nuisible, tout en remplissant les caisses de l'État, comme on le fait avec l'alcool ou le tabac. On peut même relever que les deux buts semblent contradictoires, puisque l'État compte sur les ressources générées par un comportement qu'il souhaite voir diminuer. En l'occurrence, le projet est bien plus pertinent et nettement mieux construit.


Une taxe nécessaire pour promouvoir les énergies durables.

La taxe instaurée n'aura pas pour seul effet de réduire l'attrait des énergies sales, elle s'avère en fait indispensable pour promouvoir les énergies renouvelables. Ces derniers temps, la chute du prix du pétrole a donné un terrifiant coup d'arrêt aux projets durables (et même à la volonté de moins gaspiller). Car, sans être économiste, on comprend facilement que des panneaux solaires ou de la biomasse produisent une énergie à un coût donné - relativement faible d'ailleurs - et qu'ils ne peuvent faire leur place sur le marché avec un baril à 50$, lors même qu'elles seraient parfaitement concurrentielles si ce même baril coûtait 120 ou 150$.

Or, chacun sait que la baisse des prix pétroliers est liée à des choix politiques des États-Unis, qui ont décidé de pomper dans leurs schistes les dernières gouttes de pétrole qui leur restent, et des Russes et des Saoudiens, qui inondent sciemment le marché de pétrole pour conserver leur rôle stratégique. On sait que cette politique ne tiendra que les quelques années que ces pays pourront extraire autant de pétrole et que, le fameux "pic de pétrole" étant à peu près atteint, la production ne pourra que décliner. C'est d'ailleurs déjà le cas au Brésil, que l'on annonçait pourtant commeamericaovercars.jpg un futur géant du pétrole...

Sans même considérer les atteintes à l'environnement, on peut en conclure qu'il est infiniment plus durable d'anticiper un prix élevé (mais très faible en comparaison historique !) de l'énergie, plutôt que de se laisser bercer par un prix du baril déraisonnablement bas.

Autrement dit, le problème énergétique que nous devons affronter n'est pas de savoir quel est son prix demain, mais quel délai il nous reste pour revenir au tout renouvelable (ou presque), sans causer de dommages à notre population et à notre économie.

Dans ce sens, la taxe est un outil capital d'anticipation. Puisque l'on sait que l'énergie sera chère, autant orchestrer progressivement la croissance de son coût pour inciter les acteurs aux meilleures pratiques, qu'il s'agisse d'économiser ou d'investir dans la production d'énergie renouvelable. C'est à peu près ce mécanisme que proposaient Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean dans Le plein, s'il vous plaît, il y a neuf ans.

Un paradoxe pas si gênant que cela...

Pour traiter le paradoxe consistant à taxer ce qu'on souhaite voir disparaître, il faut anticiper les scénarios possibles, en cas d'acceptation. En gros, il y a deux possibilités:

- Scénario 1 - une diminution faible de la consommation, tendant vers un point d'équilibre: La taxe s’avérant relativement modeste - rappelons que, contrairement à ce qu'affirme la propagande des opposants, le litre d'essence passerait à 2.70 - 3 francs - et les besoins en énergie étant peu compressibles, la consommation globale diminuerait relativement lentement pour atteindre un point d'équilibre. Grâce au mécanisme proposé par l'initiative et à la taxation de l'énergie grise des importations, les revenus de l'État seraient assurés et la taxe augmenterait légèrement jusqu'au moment où l'équilibre serait atteint. Dans ce scénario, les ménages économiseraient des milliers de francs grâce à l'abolition de la TVA et pourraient, en évitant le gaspillage, ne payer que peu de taxe sur l'énergie. Évidemment, la boîte en alu risquerait de coûter plus que le soda qu'elle contient et peu de gens continueraient à faire Genève-Zurich au volant. Qui oserait s'en plaindre ?

- Scénario 2 - une diminution forte de la consommation. On peut aussi imaginer que la taxe soit suffisamment dissuasive pour inciter rapidement les acteurs à renoncer au gaspillage et à investir dans les énergies renouvelables. Dans ce cas, la taxe prendrait rapidement l'ascenseur et dissuaderait d'autant plus la consommation d'énergie sale. On pourrait arriver à un point où le coût du non-renouvelable serait tellement élevé qu'il dissuaderait n'importe qui et que donc la taxe ne produise plus aucun rendement. Même si ce scénario n'est pas pour demain, il faut pouvoir l'anticiper - et se réjouir de l'efficacité inespérée d'une pareille mesure ! Il est évident que, dans ce cas, il faudra trouver d'autres ressources pour assurer l'action publique d'un État qui aura fait un pas de géant dans le XXIe siècle !

 On le voit, quel que soit le scénario, il ne peut qu'être profitable à la qualité de vie des résidents de notre pays !

Votons donc sans hésiter l'abolition de la TVA et son remplacement par une taxe sur les énergies sales !

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* Le texte mis au voix le 8 mars propose une taxe sur les énergies non-renouvelable, d'origine fossile (pétrole, gaz, charbon...) ou nucléaire.

08/02/2015

Quand vous aurez lu ce texte, votre vision de la TVA sera bouleversée et vous comprendrez pourquoi il faut absolument la supprimer !

Combien payez-vous de TVA ? Evidemment, ni vous ni moi nous ne le savons, car il s'agit d'une dépense grise, d'une taxe sur notre consommation quotidienne. Elle semble indolore et éveille peu de passions. Tout le contraire du prix de l'énergie, que nous suivons au jour le jour, à chaque passage à la pompe ou au gré des factures SIG.

 

Et pourtant, notre facture annuelle de TVA se mesure en milliers de francs, au minimum. La recette annuelle étant de 22,5 milliards, une simple division nous permet de savoir que chaque habitant paie, en moyenne, 2800 francs de TVA par année. Autrement dit, nous dépensons nettement plus de TVA que de produits alimentaires ou d'énergie...

 

L'action publique devant bien être financée, nous devrions nous réjouir de participer ainsi au fonctionnement de notre État fédéral. Ce serait le cas si la TVA n'était pas un impôt injuste, souffrant de nombreux défauts:

 

- Imposer la consommation, c'est imposer les consommateurs. C'est donc à la fois limiter leur pouvoir de consommation (les décroissants ne s'en plaignent pas), mais c'est surtout éviter de taxer la part de nos revenus que nous ne consommons pas. Les milliers de francs que vous placez, investissez, épargnez chaque mois ne sont pas soumis à la TVA.

Comment ? Vous consommez l'entier de vos revenus ? Vous n'avez pas de quoi épargner ? Dans ce cas, vous faites clairement partie des perdants de la TVA. Abolissons-la !

 

- Imposer tous les produits au même taux équivaut à instituer une « flat tax ». Or, on sait que la capacité contributive croît avec le revenu. Taxer au même taux le collier du teckel de votre mémé et le porte-cigarette en nacre de votre banquière, c'est profondément injuste. Certes, les produits de première nécessité (alimentation, santé, culture...) sont taxés à un taux réduit. Cette mesure atténue l'injustice de l'impôt. Elle est d'ailleurs régulièrement attaquée par une droite fermement décidée à lui faire la peau. Avant que les libéraux la rendent encore plus anti-sociale, abolissons la TVA !

 

Certains ont hâtivement conclu que la TVA était un impôt mauvais, mais nécessaire et impossible à remplacer par une taxe mieux conçue, plus juste et assurant des revenus équivalents à la caisse fédérale.

 

Ce n'est clairement pas le cas. L'initiative votée le 8 mars nous propose de la remplacer par une taxe sur les énergies sales nettement mieux conçue, qui permettra à la fois d'assurer des recettes suffisantes et d'espérer atteindre les objectifs environnementaux que l'État s'est fixé à lui-même. Nous reviendrons plus en détails sur cette taxe dans quelques jours.

 

En attendant, préparons-nous à voter OUI à l'initiative pour l'abolition de la TVA et à inviter nos connaissances à en faire de même !


essence Turquie montage.jpg


01/02/2015

LIPAD, BD et clichés de genre: un peu de transparence... et beaucoup de stéréotypes !

"LIPAD", ainsi se nomme un des sésames les plus précieux de notre République. Utilisée au quotidien par les journalistes et les élus, cette loi est malheureusement méconnue du grand public.

Et pourtant, elle cumule les vertus, puisqu'elle prétend à la fois nous protéger contre les pratiques fouineuses de l'État et qu'elle contraint le même État à nous transmettre - sans que la demande soit motivée - toutes sortes d'informations sur son fonctionnement.

C'est par exemple la LIPAD qui a permis la radiation de la mention de la religion sur les fiches-élèves, problème que nous avions eu le plaisir de soulever en 2012, c'est la LIPAD qui a permis également d'éviter que des tiers (parents, professeurs d'Université...) aient accès à des données privées d'enseignants dans le cadre de leur procédure de nomination.

Le préposé à la protection des données a donc mille fois raison de vouloir faire connaître le plus largement possible cette loi, en la faisant mettre en images par le talentueux Buche, le père de Franky Snow.

Malheureusement, à la lecture du résultat, on déchante vite... Au-delà d'un scénario plutôt faiblard, on se retrouve, dès la troisième page, face à une accumulation de clichés de genre, clichés contre lesquels le même État s'évertue de lutter à force de campagnes de communication coûteuses sinon efficaces...

A quoi servent les journées "Futurs en tous genres" et tout le travail du Bureau de promotion de l'égalité, si, dans le bureau d'à côté, on finance une BD où l'on apprend que les députés, le juges, les profs d'Uni et les mécaniciens sont des mecs, alors que les filles ne peuvent aspirer qu'à devenir réceptionnistes ou auxiliaires de crèche... ?

 

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21/01/2015

Eveline Widmer-Schlumpf nous ment...

En l'état actuel, l'initiative pour le remplacement de la TVA par une taxe sur les énergies sales est la meilleure chose qui puisse arriver à la politique fiscale et à la politique énergétique de la Confédération. Mais avant d'exposer les raisons qui me le font penser, il faut malheureusement dénoncer un grossier mensonge.

WS pinoch.jpgLe Département fédéral des finances nous avait déjà fait le coup lors de la deuxième réforme de la fiscalité des entreprises, au point que les cantons avaient demandé l'annulation du vote, tant l'argumentaire de M. Merz était fallacieux, ce que le Tribunal Fédéral avait reconnu, sans toutefois annuler le scrutin.

Ici, il s'agit simplement d'effrayer le citoyen en prétendant que le prix de l'essence augmenterait de 3 francs. C'est absolument faux et le démontrer est simplissime:

Les chiffres de l'OFEN nous l'apprennent, les Suisses brûlent 7'000'000 de t de carburants par année. Compte tenu de la masse volumique de l'essence et du diesel, cela correspond à environ 9 milliards de litres.

Une augmentation de 3 francs équivaudrait donc à des rentrées de 27 milliards, soit 20% de plus de les recettes actuelles de la TVA ! Or il faut rappeler que les carburants ne constituent "que" les 44% de la consommation d'énergie non renouvelable, le reste étant constitué de combustibles (24%), de gaz (18%), d'électricité nucléaire et fossile (13%) et de charbon (- de 1%).

Autrement dit, si les calculs des fonctionnaires de Mme Widmer-Schlumpf étaient exacts, la taxe proposée rapporterait 61 milliards, près de 3 fois les recettes de la TVA actuelle !

Reprenons donc nos tabelles et calculons que, en admettant que chaque kJ non renouvelable serait taxé au même prix, nous obtiendrions un surcoût de 1,23 franc par litre d'essence. Ce n'est certes par anodin, mais constituerait une économie pour la plupart des ménages qui, en l'échange de passages à la pompe un peu chers économiseraient des milliers de francs de TVA !

Tout cela sera développé dans une prochaine note !

18/01/2015

Une assourdissante minute de silence

Aux dernières nouvelles, la majorité et l'opposition françaises se sont lancées dans une surenchère d'inflexibilité contre les manifestations hostiles aux minutes de silence et autres minute de silence2 .jpgexpressions d'une affliction imposée à tous les hérauts et pupilles de la République.

On envisage, semble-t-il de révoquer une pervenche rebelle, la ministre de l'éducation ose estimer que, dans les écoles, "il y a eu trop de questionnements de la part des élèves"... et l'opposition caquette en exigeant des mesures encore plus dures que celles qu'envisage le gouvernement en place...


La tournure affligeante que prend ce psychodrame me renvoie au 24 avril 2010. L'affreux Samaranch avait passé son Mauser à gauche trois jours auparavant et quelques milliers de coureurs s'apprêtaient à se lancer sur le parcours des 20 kilomètres de Lausanne. Quelques minutes avant le départ, le speaker prononce un obséquieux hommage au collaborateur zélé de Franco et demande aux participants une minute de silence en sa mémoire. Un poing se lève, le mien, suivi d'une voix, la mienne: "... et à la mémoire de toutes ses victimes !".

Comme j'ai eu l'occasion de le dire, la tuerie de Charlie Hebdo m'a personnellement bouleversé. Et pourtant, les gesticulations nationalo-républicaines orchestrées par le gouvernement français m'apparaissent presque aussi insupportables que celles des organisateurs de la course lausannoise. Pour deux raisons principalement:

- La première est évidente. La liberté d'opinion doit être particulièrement choyée dans un moment où elle est précisément remise en cause. Imposer à ses employés, à ses élèves, de partager un deuil qui ne les afflige pas est parfaitement ridicule. S'offusquer de leur irrespect et de leurs questions est aberrant. On préférera toujours celui qui agit à contre-courant pour de mauvaises raisons à celui qui se taira pour ne pas s'attirer des ennuis.

- La seconde est en tout cas aussi importante. Une minute de silence, un instant de recueillement, c'Prophete.jpgest un symbole. Comme un dessin, ce n'est pas le réel, c'est une manifestation censée représenter le réel. La différence est énorme.

La minute de silence n'est pas le deuil, preuve en est le nombre élevé d'hypocrites ayant respecté scrupuleusement ces salamalecs alors qu'il n'en avaient rien à fiche. Or, précisément, le travail de Charlie Hebdo consiste à faire réaliser la différence qu'il y a entre un symbole (un dessin fait d'encre et de traits, un texte qui cherche à agencer deux-trois idées) et le réel (des pauvres humains essayant tant bien que mal de cohabiter sans trop se bouffer le nez). Les dessinateurs l'ont payé de leur vie, puisque les fondamentalistes ne se sont cette fois pas contentés de brûler des effigies ou des drapeaux, attitudes certes agressives et peu réfléchies, mais somme toute difficilement condamnables puisqu'à peu près symétriques.

En condamnant à des peines matérielles (amendes, punitions, révocations...) des personnes coupables de forfaits contre des symboles, l'État accrédite l'idée - en soi irrecevable - d'un fanatisme laïque, dont les minutes de silence, les écharpes de Maire et les Mariannes seraient les eucharisties, les chasubles et les crucifix... C'est une grave erreur et c'est rendre un hommage bien lamentable aux victimes des tueries d'il y a dix jours.

15/01/2015

Rire, réfléchir, douter... et rire encore

Pas facile de reprendre la plume... Pas facile, après avoir réalisé progressivement l'ampleur du massacre de ceux qui venaient chaque semaine rendre visite à ma boîte aux lettres, de ceux dont les bouquins forment une part significative de ma bibliothèque. Bernard Maris, bien sûr, mais aussi Charb, Tignous et Honoré... et Fabrice Nicolino qui a la chance de n'être "que blessé"... et tous les autres...

Pas facile non plus de trouver sa place entre les extatiques et les désillusionnés, les dénonciateurs et les opportunistes, lorsqu'il apparaît impossible de donner un sens aux événements, aux informations qui nous assaillent depuis huit jours.

Une fois la poussière et les décombres évacués, que reste-t-il ? Un pays uni (mais est-ce vraiment le cas ?) dans la défense d'une idée très vague: "Il faut être d'accord sur les conditions qui nous permettent d'exprimer nos désaccords". Cela paraît absurde. C'est en fait capital.

Car, une opinion, mon opinion par exemple, ne mérite d'être communiquée, publiée, que si j'accepte en la publiant, qu'elle soit discutée, critiquée ou réfutée. Ce faisant, j'accepte également l'idée de changer d'avis si les discours d'autrui me semblent plus convaincants que le mien. Réfléchir est essentiellement une activité dynamique qui doit être aiguillonné en permanence par le doute. Ce que je pense est toujours approximatif, mérite toujours des ajustements, et parfois la mise au rebut.

Si je refuse ce jeu, il ne sert à rien d'émettre un discours, à moins d'avoir les moyens coercitifs de l'imposer aux autres. Et là, on sort du champ du débat pour entrer dans celui de la certitude, du dogme, imposé à autrui par tant de dictatures et de religions.

Les débats des derniers jours permettent de tracer une ligne assez nette entre ceux qui se cherchent, ceux qui débattent et ceux qui affirment, se vexent, invectivent parfois celui qui n'aurait pas utilisé le bon slogan, qui aurait fait alliance avec un hypocrite ou qui aurait produit un dessin trop lénifiant ou trop agressif...

Ces dogmes sont bien évidemment les fondements de la plupart des religions (Rappelons au passage que le catholicisme comme l'islam imposent à leur fidèle de réciter un credo, une chahada), mais également de théories du complot qui ne supportent pas la réfutabilité, par des sophismes assez subtils: "Si tu mets en doute ce que je dis, c'est bien la preuve que j'ai raison."

Cela ne signifie évidemment pas que la parole des hommes d'église (ou de mosquée ou de synagogue) relayée ces derniers jours ait été dogmatique, mais simplement que, en s'exprimant, ils ont abandonné une partie de leur défroque pour revêtir l'habit du philosophe, qui sied d'ailleurs bien mieux à la plupart d'entre eux.

Dans ce contexte, la place de l'humour est essentielle. Par essence, le décalage opéré par un trait d'humour génère un choc, une remise en question. Si je suis capable de l'accepter, d'en rire - quand bien même la plaisanterie peut sembler plate ou douteuse -, c'est que je suis du côté de l'opinion. Si je me vexe, si j'ai des envies de meurtres - au sens propre, parfois - c'est que je suis du côté du dogme.

On devrait - mais je suis prêt à admettre que vous pensiez le contraire - soumettre chacune de nos idées au test du rire. Suis-je prêt à voir cette opinion tournée en dérision, suis-je prêt à assumer qu'on la caricature ou même qu'on l'outrage ? Si ce n'est pas le cas, je devrais la garder pour moi, elle devrait restée confinée dans ma sphère privée.

Sans doute cette hommage aux humoristes est-il un peu plat, sans doute son titre vous promettait une plus franche poilade. J'en suis vraiment désolé, et, pour me faire pardonner, je vous propose un petit dessin de Stef paru dans le GHI en 2012, année où nous avions semé un peu d'émois en boycottant les activités de l'Escalade dans le cycle ou je travaille. Malgré sa maladresse quant à nos revendications supposées (nous luttions pour que les moyens nécessaires à l'éducation soit voté dans le budget 2013), il nous avait bien fait rigoler.

Escalade, Drize, boycott


20/12/2014

Un Grand Conseil représentatif de la population n'aurait pas voté le budget !

Le budget est voté. Il est calamiteux et scelle la nouvelle alliance bleu-brun des ultra-libéraux et des démago-nationalistes. Inutile de revenir sur son contenu pour l'instant...

Examinons plutôt le bien-fondé de l'assurance avec laquelle certains députés parlent au nom de la population et répètent sans hésitation qu'ils la représentent, du fait de leur élection, bafouant sans scrupules les appels à l'équité et la pondération maintes fois répétées dans la rue, sur les piquets de grève et dans les discussions entre gens du terrain.

Vote députées.jpgReprésentatifs, les députés ? A d'autres. Sans même parler du niveau de leur revenu, de leur catégorie socio-professionnelle ou de la taille de leur logement, penchons-nous sur deux déterminants basiques de toute étude statistique: le genre et l'âge.

Un parlement excessivement masculin

Vote pd genres.jpgOn le sait, les dernières élections ont vu fondre les légers progrès dans la représentation féminine dans notre parlement. Depuis 2011, seules 25 femmes siègent aux côtés de 75 hommes. Cela pourrait n'avoir aucune conséquence politique. ll n'en est rien. Hier, les femmes députées ont largement refusé le budget (13 NON, 9 OUI, 3 ABS), comme le montre le graphique ci-dessus.

En pondérant le vote des hommes et des femmes par leur représentativité réelle (autrement dit en doublant celui des femmes et en divisant par 1,5 celui des hommes), on obtient un résultat nettement plus serré, mais toujours légèrement en faveur du budget. (49 OUI, 40 NON, 11 ABS).


Un parlement de vieuxVote tr âge.jpg

Si l'on compare la structure par tranches d'âge de la population genevoise et celle du parlement, on constate immédiatement la surreprésentation des 50-69 ans, qui représentent 61% du parlement et seulement 28% de la population adulte ! A l'opposé, les 20-29 ans, 17% de la population, ne sont représentés que par 3 députés...

Là également, l'âge semble avoir un impact sur le vote. Les moins de 40 ans ont largement refusé le budget (10 NON, 3 OUI, 1 ABS), alors que les plus de 50 ans l'ont plébiscité (38 OUI, 21 NON, 10 ABS).

Si chaque député avait un droit de vote proportionnel au nombre de Genevois de son âge qu'il représente, le budget aurait été refusé de peu (45 OUI, 48 NON, 7 ABS).

La population genevoise aurait sans doute refusé un pareil budget...

Vote tr â genre.jpgEn croisant les deux informations, c'est à dire en pondérant chaque vote par sa représentativité en termes d'âge ET de genre, on débouche sur un vote très nettement négatif. En effet, dans ce cas, le projet aurait été refusé par 55 NON, 38 OUI et 7 ABS... ou, plus vraisemblablement, aurait été conçu très différemment...

On pourrait s'amuser à multiplier les autres critères de représentativité, et il paraît certain que, quels que soient ceux que l'on retienne, l'extrapolation déboucherait sur un refus du budget...


Que conclure de tout cela ?

On ne peut évidemment pas contester la légitimité de l'élection de chacun-e des député-e-s, ni, partant, la validité du budget voté hier. Ces quelques valeurs devraient toutefois inciter:

- Les élu-e-s à ne pas abuser de la prétendue représentativité dont ils se parent lorsqu'ils votent des textes manifestement contraires aux intérêts de la population.

- Les Genevois sous-représentés à entrer dans le débat politique, à se présenter aux élections, et, à tout le moins, à élire celles et ceux qui les représentent le mieux. Les partis ont évidemment un rôle capital à jouer dans ce sens, en favorisant les jeunes candidatures féminines et en limitant le cumul des mandats. Les Verts sont à cet égard un parti exemplaire...

***

Pour cette étude, on a admis que tous les député-e-s titulaires étaient présent-e-s et avaient voté en bloc. Ce n'était pas le cas, puisque certains suppléant-e-s étaient présents, ce qui a pu modifier la répartition par tranches d'âge et genres des votants. De plus, pour les extrapolation, on n'a retenu que la population entre 20 et 80 ans, aucun député n'étant hors de cette tranche d'âge. De fait, les 18-20 ans et les plus de 80 ans représentent quelques % non représentés au parlement.

12/12/2014

Budget: la chasse aux jeunes est ouverte !

Les élus, en particulier ceux de droite, ne détestent pas les jeunes, ils les méprisent. Toujours prêts à voter une subvention pour un festival ou un skate-park - il faut bien les occuper, ces bougillons - ils appliquent pourtant avec une bonne conscience de notable établi une politique économique désastreuse pour la génération montante.

Dans les arbitrages budgétaires, on constate en effet une systématique rarement évoquée par les spécialiste, on repère un dindon de la farce omniprésent: le moins de 30 ans.

Qu'on en juge:

- État, TPG, entreprises privées: lorsqu'il s'agit - le plus souvent à tort - de diminuer les effectifs, on se réjouit systématiquement de ne pas devoir licencier, de se contenter de ne pas remplacer les départs volontaires. Traduction pour celui qui arrive sur le marché du travail: "On va garder même les éventuels incompétents, mais il n'y aura pas d'embauche pour toi..." Sympa, non ?

- Annuités: Lors des débats budgétaires, le gel de l'annuité de la fonction publique est une rengaine récurrente. Facile à appliquer, très rentable (40 millions, tout de même), elle dissimule en fait un mécanisme anti-jeunes bien rôdé. Lorsque l'on est en fin de carrière, la suppression des annuités est indolore, car a atteint le plafond, ou presque. Lorsque l'on débute, la perte s'accumule d'année en année, pendant 22 ans pour atteindre des dizaines de milliers de francs !

- Caisses de retraite: Dans les débats sur les réformes des caisses de retraite, le principe, louable en soi, des "droits acquis" est généralement indiscuté. D'un point de vue mathématique, cela équivaut à dire que si les retraités ou ceux qui sont en fin de carrière n'ont pas assez cotisé (bien malgré eux d'ailleurs, car personne, à droite, n'avait anticipé un baisse durable des rendements pourtant facile à imaginer...), c'est aux nouveaux cotisants de combler le déficit, dans un climat financier et démographique de marasme complet... Est-ce vraiment juste ?

Ajoutons à cela des attaques constantes contre les crédits pour la formation, un dédain croissant des entreprises pour embaucher des apprentis et vous aurez saisi, jeunes concitoyens, que laisser le soin aux notables de plus de 50 ans de gâcher votre avenir n'est pas une bonne idée.

Mobilisez-vous, faites valoir votre valeur, écrivez, dites et criez !

Et pour commencez, rejoignez les mouvements de grève et de manifestation du 16 décembre !