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06/02/2014

Les jeux, le journaliste et le robinet qui fuit.

Rarement avait-on vu journalistes aussi critiques face à l'état de déliquescence d'un pays. A la veille de l'ouverture des Jeux de Sotchi, les tweets pleuvent dénonçant les conditions d'insalubrité dans lesquelles se retrouvent nos journalistes sportifs: tringle à rideau mal fixée, TV en panne, moquette tâchée, papier peint froissé et comble de l'inconfort, catelles fendues.

Que dire de ce fatras de niaiseries ?

- Qu'on aurait évidemment apprécié que la vindicte des mêmes stigmatisât avec une pareille véhémence la réduction à presque néant des libertés civiques de la population au point que, par exemple, les très officiels "Conseils au Voyageurs" émis par la République Française suggèrent au supporter tricolore de "faire montre de retenue dans l’expression de ses convictions personnelles."

- Que certains journalistes sportifs se plaisent à se transformer en caricatures de leurs caricatures, reléguant haut la main le Bernard Aeschlimann de 120 secondes en LNB de la beaufitude.

- Que, surtout, le principal bénéficiaire de cette avalanche de critiques débiles sera sans doute le pouvoir en place qui bénéficie d'une popularité importante, basée entre autres sur un sentiment nationaliste alimenté, pour de nombreux Russes, par les manifestations de mépris ou d'incompréhension des pays étrangers. Les stigmatisations en-dessous de la ceinture, la suffisance hautaine de certaines remarques ("En Russie, il faut s'attendre à tout !", a-t-on lu), ne peuvent que désobliger les ressortissants d'un pays qui se voit en puissance majeure et qui, dans les faits, doit supporter au quotidien des conditions d'inconfort bien plus pénibles que celles imposées à nos scribouillards des stades.