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05/09/2014

Aux profs du primaire: Merci pour votre engagement !

Merci pour votre engagement, vous qui, sur votre temps libre, organisez et participez, année après année, au cortège de l'Escalade, à la soirée "Ciné-Pasta", au Défi Boscardin, à la fête du Feuillu, aux Promotions. Merci !

Dans ma commune, tous ces événements ont lieu le samedi et rien ne vous oblige à quitter votre famille ou vos amis pour rejoindre vos élèves. Vous le faites pourtant.feuillu.JPG Merci !

Dans ma commune, une des plus riches du canton, scrutin après scrutin, les électeurs votent pour des projets ou des personnes qui rognent, année après année, sur les budgets de l'éducation. Ils y gagnent quelques centaines francs d'impôts - Qu'en faire ? - et l'école fonctionne toujours, malgré l'érosion des moyens et l'augmentation des effectifs. Tout cela grâce à votre engagement. Merci !

Aujourd'hui, votre syndicat a décidé que la mesure était dépassée et vous invite à ne plus  participer - bénévolement, comme d'habitude -  au programme Sant"e"scalade. Les enfants adorent cette époque particulière de l'année où l'on s'entraîne tous les mardis sous le crachin ou dans la neige, où les parents - j'en fais parfois partie - viennent courir avec les élèves et les maîtresses. Vous l'avez fait, année après année, sans que la plupart des élèves ne songe à vous en remercier. Merci !

Et, dans la rue, dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans la bouche même parfois de politiciens éminents, des torrents de mépris et d'insultes se sont abattus sur vous. "Preneurs d'otage", "profiteurs", "fainéants",... C'est honteux !

Je ne sais pas, dans ma commune, quelle décision vous avez prise, mais si Sant"e"scalade ne devait pas être organisé, je ne pourrais que le comprendre, vous soutenir et surtout, vous remercier pour votre engagement auprès de nos enfants !

06/02/2014

Les jeux, le journaliste et le robinet qui fuit.

Rarement avait-on vu journalistes aussi critiques face à l'état de déliquescence d'un pays. A la veille de l'ouverture des Jeux de Sotchi, les tweets pleuvent dénonçant les conditions d'insalubrité dans lesquelles se retrouvent nos journalistes sportifs: tringle à rideau mal fixée, TV en panne, moquette tâchée, papier peint froissé et comble de l'inconfort, catelles fendues.

Que dire de ce fatras de niaiseries ?

- Qu'on aurait évidemment apprécié que la vindicte des mêmes stigmatisât avec une pareille véhémence la réduction à presque néant des libertés civiques de la population au point que, par exemple, les très officiels "Conseils au Voyageurs" émis par la République Française suggèrent au supporter tricolore de "faire montre de retenue dans l’expression de ses convictions personnelles."

- Que certains journalistes sportifs se plaisent à se transformer en caricatures de leurs caricatures, reléguant haut la main le Bernard Aeschlimann de 120 secondes en LNB de la beaufitude.

- Que, surtout, le principal bénéficiaire de cette avalanche de critiques débiles sera sans doute le pouvoir en place qui bénéficie d'une popularité importante, basée entre autres sur un sentiment nationaliste alimenté, pour de nombreux Russes, par les manifestations de mépris ou d'incompréhension des pays étrangers. Les stigmatisations en-dessous de la ceinture, la suffisance hautaine de certaines remarques ("En Russie, il faut s'attendre à tout !", a-t-on lu), ne peuvent que désobliger les ressortissants d'un pays qui se voit en puissance majeure et qui, dans les faits, doit supporter au quotidien des conditions d'inconfort bien plus pénibles que celles imposées à nos scribouillards des stades.

07/12/2010

Citius, altius, stultius...

Dépassé par ses amis de droite qui craignent de voir des plus pauvres qu'eux s'établir dans leurs communes (voir les blocages aux Communaux d'Ambilly, le vote municipal de Troinex ce week-end,...) et massivement désavoué par les 15'000 citoyen-ne-s qui refusent de brader les meilleures terres du canton pour un projet mal ficelé et pauvre en logements, Mark Müller se débat pour regagner une illusoire popularité. Le Courrier nous rappelle en effet qu'il souhaite que Genève accueille les Jeux Olympiques d'hiver 2022 ou 2026.

Loin de m'opposer au sport (j'en pratique quotidiennement)  et même à la compétition (j'ai le plaisir de participer à quelques courses chaque année) - je ne peux que m'étonner de cette prise de position, alors qu'on s'attendrait que ce magistrat s'occupe principalement de ce pour quoi il a été élu et ce à quoi il s'est engagé: Trouver des solutions justes, raisonnables et abordables pour loger les résidents du canton.

Sur son site personnel, il met sur le même plan les manifestations sportives populaires que sont la Course de l'Escalade ou le Triathlon de Genève et des compétitions ultra-élitistes comme l'Euro 2008 ou les Jeux Olympiques. Soit il méconnait profondément le monde du sport, soit il prend l'électeur pour plus naïf qu'il ne l'est. Je crois qu'il n'est pas nécessaire de rappeler dans quelles conditions de corruption, sous quelles contraintes économiques (sponsors, TV,...), sont attribuées ces manifestations, les derniers choix de la FIFA nous l'ont à nouveau rappelé.

Je crois surtout que ce baroud d'honneur met en évidence la rupture fondamentale qu'il y a entre une part de la classe politique qui rêve d'une Genève internationale, prestigieuse, métropolitaine et l'avis du Genevois moyen qui constate, chaque jour, que cette course à la croissance se traduit principalement par des hausses de loyers, de la pollution et des projets démesurés à l'inutilité patente (Stade de Genève, Halles 6 et 7 de Palexpo, agrandissement de l'aéroport...). Il n'est pas étonnant de constater que toutes les enquêtes sur la qualité de vie montrent que ce sont dans les petites villes que l'équilibre entre des services de bonne qualité et des nuisances supportables peut être atteint.

Il est évident que les Genevois n'accepteront pas que leurs impôts servent à flatter des ersatz d'ambassadeurs à la solde du CIO, que leurs rues soient bariolées d'affiches criardes vantant tel ou tel soda ou magnétoscope. Ils refuseront également de voir leur ville quadrillées par les forces de l'ordre pour assurer la sécurité des potentats qui n'ont rien de mieux à faire que de regarder des millionaires se battre pour une rondelle de caoutchouc. En 1988, les Vaudois avaient déjà fait le même raisonnement, quand bien même les conditions dans lesquelles se choisissaient les villes hôtes et se déroulaient les jeux étaient bien plus acceptables.

Comme un commentaire sur ma note précédente me reprochait de ne pas être assez positif, j'ai décidé de m'engager tout de même aux côtés de Mark Müller pour une candidature genevoise aux Jeux Olympiques 2022, pour autant que les conditions ci-dessous, qui me semblent relever d'un bon sens minimum, soient remplies:

  • Aucun centime ne sera utilisé pour offrir des cadeaux aux délégués du CIO. Ils se déplaceront à leurs frais et paieront leur note d'hôtel. On acceptera toutefois de leur donner un dossier d'une dizaine de pages photocopiées sur papier recyclé vantant les mérites de notre candidature.
  • Toutes les délégations et tous les spectateurs se déplaceront par voie maritime et ferroviaire ou à vélo. Ils seront transportés d'un site à l'autre à l'aide des TPG, des CFF et des autobus de la Poste. Evidemment, l'organisation de ces Jeux ne pourra servir de prétexte à la construction de nouvelles infrastructures routières (traversée de la rade, 3e voie autoroutière).
  • Aucune publicité autre que celle tolérée (malheureusement...) sur les panneau de la SGA ne viendra enlaidir la ville ou les autres sites.
  • Les infrastructures existant permettant la pratique de tous les sports olympiques, rien de neuf ne sera construit. Les compétitions de patinage de vitesse auront lieu sur le Lac de Joux et seront remplacées par des concours de natation en cas de redoux. Evidemment, aucun canon à neige ne sera utilisé, et les skieurs montreront qu'ils sont sportifs en remontant les pistes à pied.
  • Le village olympique sera composé d'appartements simples qui seront réattribués à des familles peu argentées après la compétition. Ils seront construits sur les communes proches du centre où la densité de logement est la plus faible (Vandoeuvres, Cologny, Pregny-Chambésy,...). Aucune zone agricole ne sera déclassée pour leur construction.

Et ainsi, je pourrai, comme tou-te-s les Genevoises, sentir mon coeur palpiter lorsque,  la flamme olympique - au biogaz - illuminera les gratte-ciel du PAV, du haut du Stade de Genève.