UA-74655322-1

16/05/2012

La Grèce, l'Euro et la Vache qui rit

Au printemps 1988, notre prof de grec revenait hilare de ses vacances pascales, avec carton rond surmonté de l'inscription Η Αγελάδα που Γελά : « C'est incroyable, j'ai trouvé de la Vache qui rit dans un magasin grec ! Grâce à son adhésion à la CEE, la Grèce devient européenne ! »retsinaPT.jpg

Vingt ans plus tard, plus personne ne s'étonne de voir les Grecs (pas plus d'ailleurs que les Portugais, les Polonais ou les Bulgares) se presser dans les rayons d' innombrables Carrefour ou Lidl pour y acheter des produits Danone, Unilever ou Nestlé, se meubler chez Ikea, s'habiller chez H&M et communiquer grâce à Nokia et à Orange. Au point qu'aujourd'hui, même les produits typiquement grecs comme la retsina, la feta ou le tzatziki sont distribués par des entreprises nord-européennes qui ramassent leur part du gâteau (ou de la spanakopita) au passage.

On peut regretter l'uniformisation des modes de vie européens et la standardisation des paysages urbains qui en résulte, on doit surtout s'interroger sur les rapports économiques qu'ont entretenus les prétendus partenaires européens au cours des 30 dernières années et sur leurs conséquences désastreuses:

Lire la suite

22:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, grèce, économie |  Facebook | |

09/05/2012

5 excellentes raisons de soutenir la grève de la fonction publique du jeudi 10 mai (chapitre 3)

Les syndicats l'ont annoncé, les parents d'élèves ont reçu l'information, la fonction publique a lancé un mot d'ordre de grève pour l'après-midi de jeudi prochain.

Ce mini-mouvement (pudiquement appelé « débrayage » ou même « après-midi de discussion ») risque d'être pourtant l'objet de telles médisances d'une partie du public et des médias que de nombreux agents de la fonction publique hésiteraient à y participer.

Et pourtant, les enjeux sont colossaux !

Ne nous y trompons pas. Il ne s'agit pas (que) de défendre des acquis ou des positions favorables au revenu ou au bien-être des fonctionnaires. Non ! De cet embryon de lutte se dégagent cinq questions fondamentales dont les réponses devraient nous inciter à rejoindre ou à soutenir ce mouvement. Après avoir traité des quatre premières questions ( et ), nous nous attaquons à la cinquième:

Lire la suite

08/05/2012

Cinq bonnes raisons de soutenir la grève de la fonction publique du jeudi 10 mai (chapitre 2)

Les syndicats l'ont annoncé, les parents d'élèves ont reçu l'information, la fonction publique a lancé un mot d'ordre de grève pour l'après-midi de jeudi prochain.

Ce mini-mouvement (pudiquement appelé « débrayage » ou même « après-midi de discussion ») risque d'être pourtant l'objet de telles médisances d'une partie du public et des médias que de nombreux agents de la fonction publique hésiteraient à y participer.

Et pourtant, les enjeux sont colossaux !

Ne nous y trompons pas. Il ne s'agit pas (que) de défendre des acquis ou des positions favorables au revenu ou au bien-être des fonctionnaires. Non ! De cet embryon de lutte se dégagent cinq questions fondamentales dont les réponses devraient nous inciter à rejoindre ou à soutenir ce mouvement. Hier, nous avions traités les deux premières de ces questions, aujourd'hui, nous nous attaquons aux deux suivantes:

Lire la suite

07/05/2012

5 bonnes raisons de soutenir la grève de la fonction publique du jeudi 10 mai (chapitre 1)

Les syndicats l'ont annoncé, les parents d'élèves ont reçu l'information, la fonction publique a lancé un mot d'ordre de grève pour l'après-midi de jeudi prochain.

Ce mini-mouvement (pudiquement appelé « débrayage » ou même « après-midi de discussion ») risque d'être pourtant l'objet de telles médisances d'une partie du public et des médias que de nombreux agents de la fonction publique hésiteraient à y participer.

Et pourtant, les enjeux sont colossaux !

Ne nous y trompons pas. Il ne s'agit pas (que) de défendre des acquis ou des positions favorables au revenu ou au bien-être des fonctionnaires. Non ! De cet embryon de lutte se dégagent cinq questions fondamentales dont les réponses devraient nous inciter à rejoindre ou à soutenir ce mouvement. Aujourd'hui, nous traitons de deux de ces questions et réservons les suivantes pour les prochains jours !

Lire la suite

29/03/2012

Le capital (suite et fin ?)

francs.jpgCertains se sont émus lorsqu'ils ont appris que de respectables oeuvres de bienfaisance avaient perdu de considérables montants dans des placements boursiers. A raison, leur est venue l'image de la modeste mère de famille versant 50 francs à Jean-Marc Richard, 50 francs qui iront engraisser les spéculateurs de tout poil plutôt que de financer la reconstruction de Port-au-Prince.

On peut, bien sûr, regretter que ces bonnes oeuvres choisissent de placer leur argent plutôt que de le distribuer, a fortiori lorsque ces placements ne semblent respecter aucun critère éthique...

On peut surtout s'étonner que, ce qui paraît aberrant lorsqu'il s'agit des quelques millions de La Chaîne du Bonheur semble soudain souhaitable lorsqu'il s'agit des centaines de milliards de nos caisses de pensions...

C'est ainsi que le CIA-info paru aujourd'hui informe les membres de cette noble institution (La CIA est en effet la Caisse de pension des employés de l'État de Genève) que les principaux indicateurs économiques étant décevants, l'État - donc les contribuables - va sans doute devoir investir plus d'un milliard pour combler un trou...inexistant ! Qui plus est, il y a malheureusement fort à parier que, à l'image des 50 francs de notre ménagère, ce milliard finisse dans les poches de spéculateurs boursiers plutôt que dans celle des futurs retraités de la fonction publique...

Pourquoi un "trou" inexistant ?

La CIA a choisi de longue date un mode de fonctionnement mixte. C'est ainsi que, contrairement aux caisses privées, elle ne capitalise qu'une partie des cotisations et fonctionne pour l'autre partie par répartition, comme l'AVS. Ce système est garanti par l'État, la fonction publique étant pérenne. Il est particulièrement stable, puisque l'argent circule et est donc moins soumis aux aléas boursiers et inflationnistes. La CIA est donc une caisse saine, parfaitement gérée, selon des principes qui garantissent le versements des rentes à longue échéance.

Malheureusement, le droit fédéral a changé fin 2010, et, pour des raisons de pur dogmatisme libéral, la Confédération contraint désormais les caisses à disposer en permanence de la couverture intégrale des rentes et les oblige à Puit-sans-fond-a20042545.jpgaugmenter leur taux de capitalisation à 80% à l'horizon 2052 (Le taux actuel de la CIA est de 54,1%).

La première de ces exigences crée donc un trou artificiel, que notre État va se voir contraint de combler à hauteur de 750 millions. La seconde va imposer aux cotisants actuels (et à l'État dans la mesure où il cotise également) de passer deux fois à la caisse pendant 40 ans, puisqu'ils devront assumer leur part de répartition dans les rentes des retraités actuels tout en augmentant le taux de capitalisation servant à financer leur future retraite... Tout en fragilisant leur propre rente, au vu des risques encourus par cet énorme capital...

Pourquoi ce milliard risque fort de disparaître ?

L'autre "mauvaise nouvelle", c'est que, contrairement à ce que banquiers et syndicalistes se plaisent à dire, les rendements à long terme vont inexorablement baisser. En effet, spéculer (!) sur des taux de 4-5% est parfaitement illusoire et participe de l'aveuglement de ceux qui croient qu'une croissance infinie est possible dans un monde fini. Le fait est que des rendements "normaux", sur des activités "normales", ne dépasseront pas les 1% ou 2% de façon durable, ce qui est d'ailleurs parfaitement juste d'un point de vue moral !

trou-noir-stellaire-443px_1_-138d5.jpgDe fait, le "taux technique" utilisé par les actuaires pour évaluer le rendement des actifs vient de passer de 4% à 3,5%. Ce petit saut suffit pour faire passer la facture "fictive" de 750 millions à 1,3 milliards (il faut en effet plus de capital pour couvrir les rentes, si les rendements diminuent...). Il n'y a aucune raison objective de penser que ce taux ne va pas continuer à baisser. Il est donc fort probable que, une fois ces 1300 millions versés (par l'État, les cotisants ou les assurés), il disparaisse soudainement. C'est d'ailleurs ce qu'a enduré le canton de Berne il y a quelques années... On risque fort de passer du "trou fictif" au "tonneau des Danaïdes fictif"...

La droite libérale joue donc au pompier pyromane. Au moment où elle devrait réaliser qu'il est aberrant de bloquer des montants aussi gigantesques sur des périodes aussi longues, elle s'emploie à démanteler les systèmes qui, eux, sont structurellement pérennes, puisque les cotisations sont immédiatement redistribuées. La conclusion est simple: il faudrait  augmenter rapidement la part de répartition dans le 2e pilier. Les chambres viennent de décider le contraire...

Décidément, la plupart des économistes ne sont que des prolongateurs de courbes... Ils ne parviennent pas à réaliser que, lorsque les conditions changent, que ce soit la déplétion des ressources naturelles, l'émergence de plusieurs pays ou les changements climatiques, il est stupide de croire que tout va continuer à fonctionner comme avant au prétexte unique que ça fonctionnait avant...

 

 

 

15/03/2012

Exonérations fiscales des multinationales: sortons nos calculettes !

Plus de 1200 millions de francs, c'est ce que l'État de Genève à concédé aux entreprises qui ont daigné s'établir sur son territoire au cours des 12 dernières années...

Tout cela contre la promesse de la création de 5311 emplois. Une simple division démontre donc que le département des finances a accordé 238'000.- par emploi promis.

Autant dire que c'est l'Jean_Calvin_mod_pt.jpgÉtat qui verse les salaires des employés de Cargill, Japan Tobacco ou HSBC (s'il s'agit bien de ces entreprises, car aucun nom n'apparaît dans le rapport de gestion du Conseil d'État).

Exagéré ? Non, car en fait, sur les 5311 emplois promis dans les "business plans", seul 1278 ont réellement été créés... Ce qui fait monter l'addition tout de même à 1'000'000.- d'argent public par emploi... soit 200'000 par année, dans la mesure où l'exonération porte sur 5 ans.

On savait que ces entreprises importent des emplois plus qu'elles n'en créent (les postes ouverts à Genève ne correspondant pas aux aptitudes des chômeurs de la place), on savait qu'elles pesaient lourdement sur la crise du logement en pratiquant une concurrence déloyale contribuant à faire exploser les prix, on savait que leur mode de fonctionnement économique est une des causes des malheurs sociaux, économiques et écologiques de l'humanité (voir ma note de l'automne passé à ce propos), on savait qu'elles exerçaient une concurrence déloyale avec les PME locales contraintes de verser des impôts justes, on sait désormais que leurs employés sont payés sur nos impôts...

Pour rappel, une initiative demandant la suppression de ces exonérations et l'application des mêmes règles fiscales pour toutes les entreprises, grosses ou petites, locales ou étrangères, vient d'être déposée. On se délecte à l'avance d'entendre les arguments hypocrites de ceux appelleront à voter "non" !

 

 

31/01/2012

Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

Assez surpris d'apprendre ce matin que François Longchamp et David Hiler s'attaquent aux initiatives fiscales déposées par le PS hier. Non que je crusse encore que ces magistrats (et en particulier celui censé représenter les Verts) se soucient de morale (pourquoi les riches devraient-ils payer moins que le citoyen lambda ?) ou d'enjeux sociaux ou environnementaux (J'ai d'ailleurs déjà écrit quelque chose au sujet des bienfaits des multinationales...).

Non, ce qui m'étonne, c'est que ces deux libéraux bon teint se refusent à mettre en application leurs propres principes.

Explication: Dans une logique libérale, une entreprise (et l'État en est une, dans l'esprit de ces bonnes gens) se fixe pour but de vendre au plus haut prix ses biens ou services. Si elle se trouve en rupture de stock, c'est qu'elle a sous-évalué le prix qu'elle pouvait exiger de sa clientèle.

L'entreprise-Genève est actuellement étouffée par une croissance économique qu'elle ne peut maîtriser. Elle est en rupture de stock de logements, d'espace, de solutions de transport. Cela est dü au fait que des personnes physiques et morales profitent des prix trop bas que la République leur propose pour ses services et ses agréments.

Pas de scrupules ! Faisons jouer l'offre et la demande ! Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

29/01/2012

Plus fort que le bonneteau: L'épargne-logement

«Approchez, Mesdames et Messieurs, tout le monde peut gagner! Et une, et deux...un petit coup à gauche, un petit coup à droite, et... votre argent a 800px-Three_Card_Monte.jpgdisparu dans la poches de mes copains...!»

Scène de bonneteau ? Non, campagne électorale pour l'épargne-logement. Admettons d'emblée que la comparaison est excessive. En effet, les sommes en jeu sont bien plus importantes dans l'épargne-logement et, si l'on peut reconnaître un vague talent de prestidigitation aux
racailles à la petite semaine qui arnaquent les gogos sur les quais, les ficelles utilisées par les milieux immobiliers et bancaires sont bien plus faciles à repérer, au point que l'on se demande si la fixation sur le bonneteau des milieux qui précisément défendent les prochaines initiatives sur l'épargne-logement (le 11 mars et le 17 juin) ne relève pas plus de la crainte de la concurrence que du délire sécuritaire.

Lire la suite