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11/05/2011

Cherpines: Quand l'Etat cite Robert Hainard

delaire.jpgLe hasard collisionnant parfois les évènements, j'ai participé ce matin à une demi-journée d'études du groupe des enseignants de géographie du Cycle d'Orientation (car tel est mon métier).

Sujet: La renaturation de l'Aire.

Nous avons donc assisté à un exposé fort bien conçu, suivi d'une visite sur le terrain. Notre guide, employé de l'Etat au "Domaine Nature et Paysage" a pu nous expliquer les ravages de l'imperméabilisation des sols dans les zones alluviales (cause par exemple des inondations de Lully en 2002), l'affleurement de la nappe phréatique dans la Plaine de l'Aire, rendant impossible la construction en sous-sol et le caractère dévastateur de l'agriculture productiviste et/ou hors sol. En effet, les intrants chimiques se retrouvent dans la rivière en proportion d'autant plus grande que les précipitations sont faibles. Ces jours-ci, c'est la catastrophe !

Ayant pourtant décidé de ne pas parler de notre campagne lors de cette formation, ce sont mes collègues qui ont naturellement fait le lien entre ces informations et les aberrations des promoteurs du déclassement en termes de préservation des ressources et de gestion des risques.

J'en tire la démonstration que, du côté du Département du Territoire, on n'a pas nécessairement le même avis que celui des élites du DCTI (Je parle à dessein d'élites, car les employés de la DGAT sont nombreux à soutenir notre démarche). D'un côté, l'on a un Conseiller d'Etat et un département qui fait aHainard.pnglliance objective avec les promoteurs immobiliers (Le terme scandaleusement manipulateur d' "éco-quartier" apparaît par exemple également dans la brochure électorale), de l'autre, des scientifiques et des ingénieurs, qui, confrontés à la réalité de la nature, ont compris que les hectares ne se valent pas, de même que les modèles agricoles.

De par sa nature (qualité des terres, nappe phréatique, risques d'inondation, relief), la Plaine de l'Aire est destinée au maraîchage et non au bétonnage ! Il faut en évacuer les industriels de l'agriculture qui souillent l'environnement en produisant des fraises et des tomates hors-sol ou du gazon et proposer ces terres libérées aux vrais paysans sans terre qui rêvent de développer une agriculture biologique de proximité. Rêve partagé par les milliers de Genevois-es qui s'accumulent sur les listes d'attente des trop rares initiatives de ce type qui trouvent un terrain à cultiver.

Pour finir, je ne peux m'empêcher de citer la phrase de Robert Hainard, que les rédacteurs de la "fiche-rivière: L'Aire", (éditée par l'Etat) ont placée en regard d'une photo légendée "L'Aire libre (1922)". Je laisse à l'appréciation de chacun de juger de sa résonance avec les enjeux des Cherpines.

"J'ai l'infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m'en nourris et je sais que je ne pourrai jamais l'épuiser. Et je comprends mon irrésistible révolte lorsque je vois supprimer la nature: on me tue mon infini."

Merci Robert Hainard ! Vivent les légumes libres ! NON au bétonnage de la Plaine de l'Aire !

09/05/2011

Voter NON aux Cherpines: une cure de désintoxication !

Après avoir perdu toute crédibilité en faisant la promotion, qui d'une patinoire de 10'000 places, qui d'un faux "éco-quartier", les bétonneurs des Cherpines entament le dernier round argumentatif contre les référendaires d'une étrange façon: Le tronçon de la Plaine de l'Aire concerné par le vote ne représenterait qu'une petite part de la zone agricole genevoise.logotypeWEB.jpg

On a ainsi eu coup sur coup:

- Un conseiller d'Etat affirmant en débat public que le tronçon au-delà de l'autoroute ne serait pas rendu déclassable dans le prochain Plan Directeur.

- Un conseiller administratif plan-les-ouatien se lançant dans une périlleuse querelle de chiffre, qui affirme que la zone déclassée ne représente que 15% d'une Plaine de l'Aire dans laquelle il inclut manifestement une bonne partie de la Champagne ou, qui sait ?, le Signal de Bernex.

- Une lettre de lecteur dans Le Courrier d'aujourd'hui, signée par un certain Steve Bernard, qui a l'humilité de ne pas mentionner qu'il est le directeur de la fondation "Genève Place Financière", ses amis banquiers n'ayant sans doute aucun intérêt dans l'éventuel bétonnage des Cherpines. (Si vous n'êtes pas abonné au Courrier, achetez-le, vous aurez ainsi l'occasion de lire l'excellente lettre de L. Luisoni, qui, lui, a l'honnêté d'indiquer qu'il est ingénieur-agronome EPFZ)

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