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31/05/2012

Pourquoi je voterai Anne Émery-Torracinta...

Trop souvent, les élections à la majoritaire révèlent les pires aspects des partis, qui se transforment pour l'occasion en clubs de supporters décerébrés dont la tâche principale est de déifier leur candidat-e tout en soulignant les tares de ses adversaires. La récente élection présidentielle française en a été le parfait exemple, lorsque nous avons eu l'occasion de contempler des militants émus aux larmes émettre des borborygmes aussi laudatifs que primaires à l'occasion de l'élection banale d'un président sans doute meilleur que le précédent, mais dont l'action ne sera en rien révolutionnaire.

C'est pourquoi les habitués de ce blog peineront à trouver des prises de position de ma part à l'occasion d'élections, et moins encore lorsqu'il s'agit d'une partielle où trop souvent les partis nous imposent des candidat-es que nous ne souhaitions pas et nous empêchent de voter pour ceux que nous aimerions...

Et pourtant, là, je dois avouer que la personnalité d'Anne Émery-Torracinta me séduit suffisamment pour que je me réjouisse de participer à son élection et propose aux lecteurs de ce blog d'en faire de même.

Qu'on s'entende, il ne s'agit pas d'affirmer mon adhésion à l'entier de son action politique - nous avons d'ailleurs eu l'occasion de discuter de nos désaccords, en particulier lors de la campagne sur les Cherpines.

Non, il s'agit d'affirmer que, parmi tou-te-s les élu-e-s avec qui j'ai eu l'occasion de deviser, j'ai rarement perçu un pareil souci de précision, de rigueur, d'honnêteté intellectuelle et d'ouverture sincère et directe à la discussion. Ces qualités sont pour le moins précieuses dans un monde de la haute-politique fréquenté principalement par des orgueilleux dont l'essentiel du discours est de rappeler à qui veut l'entendre les importantes fonctions auxquelles ils ont été auparavant élus et par des incompétents qui profitent de n'importe quelle élection pour tester ad aeternam le principe de Peter.

Et puis, il y a son discours sur le logement, auquel on ne peut qu'adhérer. Genève ne manque pas de logements, elle manque de logements abordables. Dans ce sens, l'État doit jouer son rôle en préemptant les terrains qu'il a la possibilité de préempter pour les sortir de l'infernal circuit des promoteurs et des régies et pour les attribuer à des collectifs d'habitants, seuls à même d'imaginer des solutions d'habitat à la fois écologiques et économiques.

Et puis, il y a les attaques injustes qu'elle subit depuis sa désignation par des institutions auto-proclamées, que ce soit du côté de P. Décaillet ou de La Tribune du 30 mai. Attaques d'autant plus basses qu'elles visent des défauts imaginaires: Elle ne la ramène pas sur chaque sujet et n'a pas de profil Facebook, voilà qu'elle manquerait de charisme; elle défend ses convictions et refuse les mauvais projets, on la taxe automatiquement de dogmatisme; elle a deux chromosomes X et serait donc automatiquement une insupportable féministe...

Allons donc! Prenons le temps d'apprécier son action politique, sa capacité de réunir une majorité sur des projets aussi utiles et rassembleurs que la revalorisation des allocations familiales, la précision sans fard de son discours, son refus de noyer le poisson sur les sujets qui fächent et réjouissons-nous de pouvoir bientôt compter sur une ministre aussi compétente !

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