UA-74655322-1

13/12/2011

Fenêtre n°13: Oligarques d'ailleurs et d'ici

Au cours du mois de décembre, je propose une sorte de calendrier de l'Avent laïc. Chaque jour, une proposition de lecture, censée constituer une fenêtre ouverte sur le monde. Je vais essayer de répartir ces fenêtres sur le plus de façades, de sorte que les points de vue et les panoramas couverts soient aussi variés que possible. Plus d'informations sur cette démarche dans ma note du 1er décembre.


L'oligarque, nous le savons tous, se rencontre généralement au-delà de Dniepr, dans les vastes plaines de la Sainte Russie. Sorte de moyen terme entre le mafieux et le yakuza, nous n'ignorons pas que nos baKempf.jpgnques bénéficient de ses avoirs et nos grands hôtels de son goût pour le luxe tape-à-l'oeil. Cela ne nous empêche pas de mépriser souverainement le système politique qui lui permet de s'épanouir.

Et pourtant, lorsque Hervé Kempf, journaliste de longue date au Monde, publie L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (Seuil, 2011), c'est bien le fonctionnement des démocraties occidentales qu'il remet en cause.

Il ne s'agit pas de prétendre que nous sommes en dictature, ni que la liberté d'expression n'est pas garantie, mais d'affirmer que les acteurs principaux du système agissent principalement dans le but de maintenir leur domination, cela au prix d'un accroissement des inégalités et des atteintes environnementales.

La nomination de technocrates ultra-libéraux (mais prétendumment apolitiques) à la tête des gouvernements grec et italien, qui s'empressent d'expliquer la larme à l'oeil que les sacrifices infligés aux plus démunis sont la seule solution envisageable, les pantalonnades de N. Sarkozy et A. Merckel dans leur prétendu désaccord quant aux moyens de résoudre la crise sont autant d'exemples portant de l'eau au moulin de Kempf.

Mais chez nous, à Genève, rassurons-nous, rien de tout cela... La proximité entre les politiciens et la population, les parlements de milice nous mettent évidemment à l'abri de la dérive oligarchique... Ce n'est pas chez nous que des grandes entreprises feraient pression sur des députés pour obtenir satisfaction, ce n'est pas chez nous que l'on taxerait de plus en plus les revenus du travail tout en épargnant ceux du capital, ce n'est pas chez nous qu'on s'obstinerait à s'acharner sur les handicapés, les étrangers, les retraités, les malades,... Ouf !

07:45 Publié dans Avent | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kempf, oligarchie, démocratie |  Facebook | |