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21/06/2012

Des élèves et des comptables

Drize.jpgL'importance de la réaction est à la mesure de la violence et de la soudaineté de l'annonce. Prenant chacun de cours, y compris les directeurs des écoles concernées informés le 29 mai dernier, le DIP a annoncé (sans trop de vacarme toutefois... puisqu'il n'y a eu aucune communication publique...) qu'il entendait réquisitionner la moitié de Cycles de la Seymaz et de Drize pour y caser des élèves du post-obligatoire dès 2013.

Unanimes les associations d'enseignants de tous les ordres (FAMCO, UCESG, SPG et SSP-Enseignement) et les associations de parents d'élèves ont demandé le retrait d'un projet aussi improvisé que mal ficelé (Leurs deux communiqués sont et ).

Et, dans la rue, dans les préaux et dans les salles des maîtres, on aura rarement eu autant de facilité à faire signer une pétition, tant la désinvolture des autorités publiques dans la gestion de cette affaire est choquante. Tous les lecteurs sont d'ailleurs invités à signer et faire signer ce texte... sans oublier de le renvoyer ! (il est même possible de la signer en ligne.)

Pourtant, depuis quelques jours (et particulièrement dans La Tribune d'aujourd'hui) on distingue des manoeuvres visant à diviser les fronts et à tenter de faire passer une mesure technocratique pour un projet pédagogique.

D'où la nécessité de répondre à quelques questions essentielles:

Les CO sont-ils en sous-effectifs ?

Contrairement aux chiffres ahurissants prétendument présentés par Charles BEER, il est abusif de prétendre que les CO n'ont pas assez d'élèves. La FAO du 29.10.2008 le rappelle fièrement, les autorités s'étaient engagées à ne pas dépasser les 650 élèves par bâtiment. Aujourd'hui, les 13'087 élèves du Cycle se répartissent entre 20 bâtiments, ce qui donne une moyenne de 654...

Est-il possible de faire cohabiter des élèves du CO et du PO ?

Oui, sans aucun doute, puisque cela se fait ailleurs. Cependant, pour réaliser pareil projet pédagogique, il serait nécessaire:

  1. D'en exposer les avantages et les inconvénients lors d'un débat public et de le faire accepter au niveau politique.
  2. De ne pas caser 800 à 850 élèves dans des bâtiments prévus pour en accueillir 650 à 700.
  3. De le faire dans le cadre d'écoles uniques et non sous la forme d'élèves exportés dans un autre bâtiment, sous la responsabilité d'une direction et d'une administration distantes de plusieurs kilomètres.

La question de la cohabitation des ordres d'enseignement est donc exclusivement pédagogique. Or, dans le cas présent, son traitement est purement technique. Les élèves sont traités comme des palettes de briques dont il faut optimiser le stockage dans différents entrepôts.

Comment résoudre la question des sureffectifs au PO ?

Certainement pas en squattant les bâtiments du CO (qui plus est en réquisitionnant les deux bâtiments les plus récents...), puisque cela ne ferait qu'étendre le problème des sureffectifs au CO.

Alors ?

Comme le rappelle l'UCESCG depuis de nombreuses années, la place pour les étudiants du PO fait cruellement défaut et il est honteux de proposer aux élèves de l'ECG Ella-Maillart de naviguer entre cinq sites distants. Or, malgré cela, aucune réponse tangible n'a été apportée ces dernières années

Le chef du DIP a beau jeu de dire que personne n'est responsable de la non-construction des écoles nécessaires. C'est précisément l'inverse qui est vrai. Chaque département, chaque commune a sa responsabilité dans le fiasco actuel. C'est pourquoi il est urgent que des bâtiments provisoires ou pérennes soient bâtis sur des terrains publics, quitte à ce que l'État fasse usage de son droit de préemption ou qu'il récupère des terrains destinés à des activités moins essentielles...

Sans prétendre à l'exhausitivité, ni même à la pertinence, je me permets de proposer les terrains suivants, tous situés dans le secteur Rhône-Arve...

  • Les parcelles visées par la Ville pour construire la Patinoire du Trèfle-Blanc. Est-il plus urgent de loger des étudiants ou des hockeyeurs ?
  • Une partie de la parcelle vide de 53'000m2 (n°1708), appartenant à l'Université, en haut du site de Batelle.
  • Tout ou partie du terrain déserté par l'armée aux Vernets.
  • La friche au centre des Palettes, sur laquelle la Ville de Lancy prévoyait de construire un centre culturel refusé en votation populaire en 2006.
  • Une partie des terrains rachetés aux CFF à la gare de la Praille.
  • Le parking de la Patinoire des Vernets. Est-il nécessaire de garder un gigantesque espace pour les voitures de ceux qui pourraient venir en bus ou à vélo à la piscine ou à la patinoire.
  • Une petite partie du gigantesque parc Navazza, à Lancy, qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas en zone de verdure, mais en zone 5.
  • ...

22:18 Publié dans Ecole | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cycle, ecg, drize, seymaz, ella-maillart |  Facebook | |