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03/02/2012

Les SIG vont-ils carburer au charbon ?

Le bruit courait, le Conseil d'Etat l'a confirmé, Genève ne construira pas de centrale à gaz au Lignon. Il s'agit sans conteste d'une victoire importante de la commune de Vernier qui se bat avec courage pour ne pas devenir le réceptacle de toutes les nuisances du canton.

Il s'agit aussi d'une victoire de la raison écologique, qui a refusé un projet dont les importantes émissions de CO2 800px-Heilbronn_Dampfkraftwerk_20070725.jpgétaient présentées comme vertueuses, puisque le rendement de la centrale aurait été meilleur que celui des affreuses centrales à charbon chinoises et qu'elle aurait permis le chauffage à distance de plusieurs immeubles. Preuve réjouissante qu'il ne suffit plus de promettre de faire mieux que si on faisait au pire pour emballer un cadeau empoisonné.

Un aspect de cette décision mériterait cependant d'être éclairci. Le communiqué du Conseil d'Etat justifie cette décision par l'entrée des SIG dans le capital du producteur d'électricité germano-suisse EnergieDienst AG, ce qui devrait permettre « à Genève de gagner en indépendance énergétique. »

 

Deux remarques en forme de question :

- L'indépendance énergétique d'un territoire, est-ce produire soi-même son énergie, mais dans des territoires fort distants (en Valais ou sur le Rhin, en l'occurence) ? Si la prétendue indépendance de la centrale à gaz dissimulait une vraie dépendance à des producteurs de gaz fort lointains (quoique...), ne vaudrait-il pas mieux miser sur les économies et sur la production locale d'énergie renouvelable ?

 

- Plus gênant encore : Si le communiquEnergieDienst.jpgé de presse et le site internet du nouveau partenaire des SIG laissent entendre qu'EnergieDienst AG est un modèle de pureté écologique, on s'aperçoit, en fouillant un peu, que la Stromkennzeichnung (terme poétique désignant la publication obligatoire en Allemagne de l'origine du mix énergétique fourni par chaque producteur) d' EnergieDienst n'est pas aussi verte que cela ! Alors que leur produit d'appel joliment nommé « NaturEnergie » n'est composé que d'énergie renouvelable, le mélange moyen fourni par cette entreprise contient 35% d'énergie fossile (dont 26% de charbon) et 14% de nucléaire... S'il n'est sans doute plus besoin de rappeler les risques que nous fait courir l'électricité nucléaire, il faut peut-être mentionner que, en matière d'émissions de CO2, on fait difficilement pire que le charbon.

En poursuivant notre enquête, on apprend vite qu'EnergieDienst appartient essentiellement à Energie Baden-Württemberg , propriétaire de 7 centrales à charbon et 4 centrales nucléaires (+ une participation de 17,5% dans la tristement célèbre centrale alsacienne de Fessenheim.).

Sans doute que les SIG nous garantiront que les électrons importés d'Argovie sont immaculés, mais, cela ne nous rassurera que partiellement, si cela implique que la part d'énergie sale vendue aux Allemands augmente d'autant.

Il serait temps que l'on comprenne que Mühleberg, Fessenheim ou Philippsburg sont également menaçantes pour les Européens et que le CO2 émis par les Genevois, les Allemands ou les Javanais nuit également au climat et mérite également d'être limité.

Les SIG ont-ils vraiment choisi le bon partenaire ?

12/01/2012

Vive le gaz de schiste de proximité ?

2012 risque fort d'êtgaz.jpgre l'année du gaz. Depuis plusieurs années, la consommation de ce volatile hydrocarbure croît continûment. Sans doute est-ce dû à ses inconstestables vertus (pour peu qu'on le compare aux autres énergies fossiles) mais aussi à une campagne à la limite de l'honnêteté des milieux gaziers qui usent et abusent de l'adjectif "naturel" (L'usage courant veut en effet qu'on nomme "gaz naturel" le méthane, mais, après tout, le pétrole, comme le charbon mériteraient autant d'être appelés "naturels" !), joint à une jolie feuille verte censée nous faire croire que la consommation de gaz protège l'environnement...

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