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guerre

  • Qu'ainsi s'unissent les amis de la République !

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    L'Escalade-Mere_Royaume.jpgA peine arrivés dans le canton de Genève, les étrangers (comprendre: les Vaudois, Valaisans, Neuchâtelois et autres Confédérés...) marquent leur étonnement devant l'importance des festivités liées à l'Escalade. Leur séjour se prolongeant, ils constatent l'effort des écoles pour enseigner ce haut-fait de l'histoire genevoise.

    Dès les classes enfantines, les élèves colorient des images de bataille et les maître-sse-s racontent la vilenie du Duc qui cherchait à s'emparer de la fière Genève. Les écoliers de la Ville visitent les lieux de mémoire: Le Passage Monnetier, les endroits où se trouvaient les portes, la herse d'Isaac Mercier...

    On ne peut que s'incliner devant cette volonté de s'intéresser à son passé et transmettre un forme de mémoire collective aux générations futures, mais on doit se rappeler que l'Escalade est avant tout un épisode militaire, certes défensif, et que, en tant que tel, sa mémoire charrie des remugles patriotico-revanchards et occulte souvent les souffrances et l'horreur vécues par les deux parties.

    Pour preuve, le contenu des chants patrotiques qui louent par exemple ces "vaillants Genevois" qui se battaient contre des "Savoyards furieux", tout cela sous l'oeil bienveillant de "C'é qu'è l'ainô, le maître dé bataillé ", éternel refrain du "Gott mit uns", célébrant la victoire, la justice et l'histoire des vainqueurs.

    Depuis quelques années, les maître-sses de mon village - et peut-être d'autres - font également chanter des chants de l'Escalade célébrant la fraternité et mettant en évidence la souffrance des petites gens face aux décisions des princes belliqueux. Je trouve la démarche salutaire et courageuse, dans un temps où le nationalisme et la haine de tout ce qui vit au-delà de la frontière se réveillent (voir certains commentaires à cet article !). Merci à elles et eux !

    Voici quelques vers des ces chansons, dont je ne connais malheureusement pas les paroliers.

    Il était savoyard
    Il avait sa maison
    Du côté de Fillinges
    Elle s'appelait Lison
    Elle vivait au Molard
    Elle était blanchisseuse
    Allait livrer le linge
    Léon le petit ramoneur
    Noir des pieds à la tête
    L'a trouvée si jolie
    Transportant ses paniers
    Quand ils se retrouvaient
    C'était toujours la fête
    C'était dur de se séparer

    Les enfants de l'Escalade
    N'ont rien à faire des frontières
    Ils préfèrent les mascarades
    A la guerre, à la guerre.


    La nuit de l'Escalade
    En mille six cent et deux
    Quand les soldats du Duc
    Ont attaqué Genève
    Lison a eu très peur
    Au bruit des coups de feu
    Attendant sous son lit
    Que le matin se lève
    Léon le petit ramoneur
    Aimerait la retrouver
    Mais il faut passer les remparts
    La maman de Lison
    En veut aux Savoyards
    ...
    Quand les grands font la guerre
    Ce sont les pauvres gens
    Et les petits enfants
    Qui ont de la misère

    Sur les champs de bataille
    Quand sonne le clairon
    Quand tonne le canon
    Au coeur de la mitraille...

    Savoyards, Genevois, on est chocolat, chocolat !
    Savoyards, Genevois, on est chocolat !

    Les reines et les rois
    Les ducs et les princes
    Se battent pour des provinces
    Des plaines et des bois

    Dans leur lointain château
    Ils préparent des combats
    Ils sont là bien au chaud
    Sans penser aux soldats

    D’Espagne ou d’Italie
    De Flandre ou de Navarre
    De Rome ou de Paris
    On commande l’histoire

    Même si ça vous déplaît
    Vous, les grands de ce monde
    Depuis qu’on est en paix
    Le bonheur nous inonde

    Savoyards, Genevois, on est chocolat, chocolat !
    Savoyards, Genevois, on est chocolat !