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11/03/2012

Le blues des promoteurs

Les soirs de votations, pour ceux qui partagent mes idées, sont trop souvent l'occasion de déprimes misanthropiques. C'est pourquoi, plutôt que de me désoler sur la couardise de mes concitoyens (refuser un peu de vacances dans le pays le plus riche d'Europe ! voir la violence politique là où elle n'est pas !), je picore avec ravissement les quelques miettes de satisfaction que me laissent les électeurs.

Et là, il faut convenir que nous sommes servis. D'un coup, deux textes que les bétonneurs croyaient dans la poche se sont retournés contre eux.

On a beaucoup glosé sur l'acceptation inattendue de l'initiative Weber, on a bien moins parlé du refus de celle sur l'épargne-logement, dont les conséquences auraient pu être gravissimes pour l'équilibre des finances publiques, puisqu'il s'agissait globalement de piquer de l'argent dans les caisses publiques pour le mettre dans la poche des milieux immobiliers, en la faisant transiter par celle des propriétaires.

Que peut-on en conclure de réjouissant ?

  • La population suisse prend progressivement conscience de la valeur de son sol et de son paysage. Elle est prête à l'utiliser, elle ne veut plus le dilapider. Cela est aussi perceptible en Valais où, malgré un campagne politique digne de celle de Poutine, plus du quart des citoyens ont accepté l'initiative. C'est un score remarquable dans un canton où plusieurs amis m'ont confié ne pas oser dire publiquement qu'ils allaient voter oui...

Ge Rés sec.jpg

  • La population suisse réalise que les modèles de construction imposés par la droite ne sont pas à même de résorber la crise du logement. Rappelons-le, la pénurie de logements concerne essentiellement les logements abordables. Le modèle du "tout-privé" consiste à utiliser des surfaces énormes pour satisfaire une minorité et laisser une majorité à la merci de propriétaires sans scrupules qui organisent la pénurie. Symptômatiquement, ce sont les cantons romands - qui ne sont par encore sortis du modèle "propriétaire ou locataire"- qui ont accepté le texte. Les cantons alémaniques, où la proportion de coopératives est bien plus élevée l'ont refusé, car ils savent bien que c'est ce mode de logement (sur terrain public, géré de façon coopérative ou associative) qui constitue la vraie solution sociale, économique et écologique au problème du logement.
  • On trouvera tous les défauts particuliers que l'on voudra à l'initiative Weber. Il n'empêche qu'elle nous a contraints à nous poser la question de notre rapport à la résidence secondaire... et qu'elle a même poussé la Tribune à investiguer dans notre canton, pour arriver à un résultat inattendu et estomaquant: A Genève, un logement genevois sur 9 (et sans doute pas le plus modeste...) est une résidence secondaire. Il y aurait donc plus de 20'000 "lits froids" dans notre canton... Qu'attend-on pour réfléchir aux moyens de faire baisser ce chiffre aberrant ? Sur ce point, on se réjouit de prendre connaissance de la position des lobbyistes du béton regroupés dans le collectif "Urgence-logements" fondé l'année dernière pour faire avaler le déclassement des Cherpines...

02/05/2011

Le déclassement des Cherpines n'aurait aucun impact sur la crise du logement !

Un mensonge répété cent, mille, dix mille fois ne se transforme pas pour autant en vérité ! La petite fille racologotypeWEB.jpglant sur les bus pour le compte des bétonneurs de la Chambre Immobilière a beau essayer de nous faire croire que le déclassement des Cherpines servirait à résoudre (ou amenuiser) la crise du logement, son message sonne faux.

Quelques éléments très simples permettant de démontrer que, au contraire, le déclassement serait un pas de plus dans la fuite en avant qui alimente la crise du logement !

 

Voici de quoi vous convaincre, au-delà des arguments en faveur de l'environnement et de l'agriculture qui sont au coeur de notre campagne, de voter NON au déclassement des Cherpines le 15 mai prochain.

Pour des informations plus générales: www.plainedelaire.ch

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12/03/2011

Pathétique et dépassé...

Pathétique et dépassé. Tels sont les adjectifs utilisés par Pierre Ruetschi dans son édito et Laurent Seydoux dans sa Tribune libre (reprise sur son blog) lorsqu'il qualifient le combat des référendaires de la Plaine de l'Aire (TdG du 11.3.11)logotypeWEB.jpg

Loin de se sentir insultés, les militants de l'agriculture de proximité se voient plutôt confortés dans leur position, tant ces qualificatifs sont plus proches de l'invective que de l'argumentation. On cherche d'ailleurs vainement dans ces textes un passage expliquant en quoi le combat pour le maintien et le renforcement d'une agriculture qui assure des conditions sociales décentes, qui garantisse du lien entre les producteurs et les consommateurs et qui ne dépende pas des fluctuations du prix du baril et du bon-vouloir des multinationales de l'agro-alimentaire, serait « pathétique » ou « dépassé »

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12/01/2011

Une bonne résolution: apprendre l'espéranto

Pour compenser celles que vous avez prises il y a deux semaines et déjà oubliées, je vous propose une bonne résolution à laquelle vous n'auriez peut-être pas pensé sans moi:

Apprendre l'espéranto.


Comme vous le savez sans doute, l'espéranto est une langue créée à la fin du XIXe siècle par un ophtalmologue d'Europe orientale qui souffrait des dissenssions entre les communautés polonaise, russe
zamenhof.jpg, juive et lituanienne qui résidaient dans sa ville de Białystok.
Il a imaginé un système absolument génial et totalement flexible, qui permet de créer le mot dont on a besoin et d'être aussitôt compris. Quelques semaines d'études suffisent à comprendre le principe et, avec un peu de vocabulaire, en quelques mois, on parvient aisément à s'exprimer. Aujourd'hui, la langue a évolué et permet à des milliers de gens de communiquer sur tous les sujets imaginables. Pour preuve, la version en espéranto de Wikipédia compte plus de 139'000 articles et est classée 26e, devant les versions serbe, perse, hébreuse ou bulgare.

Au cours des prochaines semaines et à intervalles irréguliers, je vais essayer de vous initier aux subtilités de cet idiôme. Si vous vous prenez au jeu et que ce rythme ne vous convient pas, je vous suggère de rendre visite à l'excellent site lernu.net, dédié à l'apprentissage de cette langue.


Texte en espéranto
Traduction
Prononciation
Remarques
LA LOĜO EN ĜENEVO LE LOGEMENT À GENÈVE
L'espéranto est une langue phonétique. Toutes les lettres se prononcent et ne donnent qu'un son et inversement. Dans l'exemple le "ĝ" se prononce "dj" (Comme le "j" de "jazz")
/la lodjo én djénévo/
- Les noms se terminent tous par "-o"
- Le seul article est "la". Il s'utilise comme en français. Il n'y a pas d'article indéfini ("un", "une", "des" ne se traduisent pas).
Ĝenevo estas malgranda urbo.
Genève est une petite ville.
Pas de difficulté particulière: "an" se prononce séparément, "u" se prononce "ou" ->

/djénévo éstas malgrannda ourbo/
- Les verbes au présent se terminent par "-as".
- Les adjectifs se terminent par "-a".
- Le préfixe "mal-" permet de créer les contraires.
Multaj homoj loĝas en malgrandaj loĝejoj. Sed malmultaj homoj loĝas en grandegaj loĝejoj.
Beaucoup de gens logent dans de petits logements. Mais peu de gens logent dans d'immenses logements.
"j" se prononce "y", le "h" est aspiré. Pas d'autre difficulté.

/moultay Homoy lodjas én malgrannday lodjéyoy. séd malmoultay Homoy lodjas én granndégay lodjéyoy/
- Le pluriel des noms et adjectifs est marqué par "-j".
- Le suffixe "-ej-" signifie "lieu" (loĝejo = lieu pour loger = logement)
- Le suffixe "-eg-" est augmentatif (grandega = immense)
- On peut former n'importe quel mot en combinant radicaux, préfixes, suffixes et terminaisons.
Pro tiuj, la loĝa problemo estas ĝenevaĵo.
A cause de ceux-là, le problème du logement est une Genferei (genevoiserie ?).
"ĵ" se prononce "j". Dans "tiuj" bien séparer le "i" du "u".

/pro tiouy, la lodja problémo éstas djénévajo/
- Vous aurez remarqué que "loĝ-" peut donner un nom (loĝo = logement), un verbe (loĝas = réside) ou un adjectif (loĝa = du logement, résidentiel). On peut faire cela avec n'importe quelle racine.
- Le suffixe "-aĵ-" signifie "chose" (ĝenevaĵo = chose genevoise = Genferei)


Vocabulaire
La plupart des racines sont d'origine latine ou germanique. Il est donc relativement facile de comprendre le vocabulaire. Cela peut-être traître, car, dès lors que l'on s'exprime, il faut utiliser le mot correct. L'apprentissage du vocabulaire est donc incontournable...

loĝo le logement
en
dans, à
estas
est (suis, es, sommes,...)
granda
grand,e
pro
à cause de
multa
nombreux
urbo
ville
tiu, tiuj
celui-là, ceux-là
homo
personne


En espérant que ces quelques phrases vous auront donné envie d'en savoir plus... A bientôt ! Ĝis baldaŭ !