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23/02/2012

Pour un péage urbain... à l'heure !

Deux nouvelles se collisionnent et me rappellent une idée d'il y a quelques années. En effet, la Tribune nous apprend que la Fondation des Parkings annonce officiellement l'augmentation des tarifs de stationnement au centre-ville le jour même où la RSR nous informe que la droite bourgeoise serait prête à entrer en matière sur le principe d'un péage urbain (certes pour une traversée de la rade d'autant plus inutile qu'elle serait loin en amont, mais l'important reste l'accord de principe...).London_Congestion_Charge,_Old_Street,_England.jpg

Plus grand monde ne conteste les nuisances générées par le trafic motorisé en ville et, s'il semble difficile d'interdire – mêmes les décisions démocratiques en ce sens sont remises en cause par les partis les plus pro-bagnole -, il devrait être possible de passer par le porte-monnaie du fauteur de nuisances, à savoir par le péage urbain.

Oui, mais...

Dans toutes les villes où cela a été mis en application – à la plus grande satisfaction des habitants, au demeurant – il s'agit d'une taxe d'entrée unique, dont le montant est parfois modulé selon l'heure de passage.

Or chacun sait que le fléau principal est constitué par le trafic pendulaire qui congestionne matin et soir les artères de la cité et occupe un espace considérable dans une ville où il est précieux. On ignore en revanche souvent qu'une des plus fortes incitations au choix modal de la voiture est la perspective de pouvoir la stationner facilement et donc que les nombreuses entreprises qui mettent à disposition des places sur domaine privé causent une part importante et difficilement contrôlable de ce trafic (après tout, elles font ce qu'elles veulent de leur domaine).

D'où l'idée suivante:

Mettons en place un péage urbain, oui, mais payable à l'heure. Il s'agirait donc de considérer la ville – dont il faudrait évidemment s'entendre sur le périmètre - comme un gigantesque parking payant, de placer des barrières (physiques ou automatiques) aux entrées et de taxer l'accès d'un montant qui resterait raisonnable pour celui qui doit faire une course indispensable (chercher sa grand-mère impotente ou son nouveau lave-linge), mais qui Graphique péage.jpgdeviendrait complètement rédhibitoire pour celui qui entend engluer 10 heures par jour son véhicule en ville. En s'entendant sur 4.- ou 5.- l'heure (on pourrait même imaginer un tarif progressif et/ou une première ½ heure gratuite), le système devrait assez aisément atteindre son objectif.

Chacun y gagnerait, puisque le trafic regagnerait en fluidité et que trouver une place de stationnement ne serait plus un problème, les professionnels du transport effaceraient par leur gain de rapidité le léger surcoût que la taxe impliquerait en regard de leur chiffre d'affaire, les piétons et les cyclistes seraient moins menacés par le trafic motorisé et, globalement, les nuisances diminueraient.

Ce projet suppose évidemment un énorme effort de construction de parkings d'échange à plusieurs endroits (à proximité des barrières, mais également en amont), et de développement des transports publics. Effort sans doute gagnant, vu l'amélioration de la qualité de vie urbaine qui en résulterait.