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25/11/2012

Lettre ouverte à un député libéral (parmi d'autres) en délicatesse avec la démocratie

Monsieur le député,

Comme vous, je n'ai pas l'habitude de jeter des noms en pâture et contrairement à vous, je m'abstiendrai de renier cette habitude en citant le vôtre.

Car, s'il faut parler de reniements, j'arrive progressivement à la conclusion que les représentants de l'ex-groupe libéral au Grand Conseil, dont vous faites partie, sont globalement interchangeables. Les fins observateurs objecteront certes que vos mesquineries et lâchetés diverses s'opèrent dans des champs sensiblement différents, en fonction des lobbies que vous défendez, il n'en reste pas moins que, à travers votre personne, c'est en fait à l'ensemble de votre députation que je m'adresse.

Les derniers mois vous ont permis d'utiliser différents stratagèmes, dont le point commun a systématiquement été votre affligeante peur du débat public et le refus du respect de l'esprit démocratique. Votre désolant spectacle nous ainsi récemment infligé les numéros suivants:

  • Le libéral bétonneur retardant à dessein la remise d'un rapport de majorité dans le but de contrarier des référendaires.
  • Le libéral vélophobe reprenant le même procédé pour empêcher le vote sur les vélib avant le printemps.
  • Le libéral schizophrène (fonctionnaire qui rêve de démanteler la fonction publique) dévoyant le projet de budget 2013 de son cheminement démocratique,
  • Le libéral ami des multinationales mélangeant la forme et le fond pour faire honteusement invalider une initiative, de peur que le peuple ne donne son avis
  • Le libéral maître-chanteur, conditionnant la prise de position de son parti sur un objet capital (la fusion des caisses de pension) à la position d'autres acteurs sur d'autres objets...

Tous ces éléments (manipulations dilatoires, refus du fonctionnement démocratique, peur du vote populaire, chantage) sont à l'évidence autant de preuves que votre parti usurpe depuis de longues années l'adjectif dont vous l'affublez et salit par là-même la mémoire de tous les vrais Libéraux qui ont construit notre État de droit et notre démocratie.

Dernière démonstration de ce détestable état d'esprit, vous avez, dans votre blog, remis en cause le mouvement de boycott initié par les enseignants d'un Cycle d'Orientation. C'est votre droit, même si les arguments avancés et les attaques aussi frontales qu'injustes envers ma collègue Salima Moyard, masquent à l'évidence votre malaise face à une action irréprochable, puisque consistant à travailler plus que ce qui était demandé, non pour défendre des « privilèges », mais bien pour contrer les incessantes attaques envers l'école et la fonction publique que vous menez.

La règle du jeu explicite de ces blogs veut que les commentateurs se doivent d'être courtois, concis et qu'ils signent leur intervention. Or il se trouve que, alors que vous n'avez manifestement pas hésité à publier un commentaire aussi anonyme qu'agressif, vous avez refusé de publier le mien et celui de ma collègue Salima Moyard qui respectaient pourtant scrupuleusement les règles énoncées plus haut.

Mesquinerie ? Sans doute ! Lâcheté ? Vraisemblablement ! Peur du débat ? Assurément ! Étrange, pour qui se voudrait être un élu du peuple, mais somme toute assez attendu de la part d'un membre d'un parti dont la dérive populiste et démocratophobe inquiète même certains de ses membres historiques, parmi lesquels son ancien président.

Pour nourrir le débat et permettre au lecteur de se forger une opinion, on trouvera ci-dessous une reconstitution de mon commentaire (je n'ai malheureusement pas gardé une copie exacte de l'original...) et de celui de Salima Moyard. Commentaires auxquels j'aurai le plaisir d'ajouter le votre, si toutefois vous daignez entrer dans le débat.

Veuillez recevoir, Monsieur le député, mes militantes salutations.

 

Mon commentaire censuré par vos soins

Votre texte attaque frontalement notre décision de boycotter la fête de l'Escalade et tente maladroitement de retourner l'adjectif « sournois » contre ma collègue Salima Moyard, dont vous semblez découvrir qu'elle cumule une vie professionnelle d'enseignante et une vie politique de députée.

Plus que jamais pourtant, j'assume l'emploi de cet adjectif :

Sournois, votre parti l'a été lorsqu'il a dévoyé le projet de budget 2013, en empêchant les autres groupes politiques de se prononcer dessus,

Sournois également, lorsque vous avez émis vos propositions ultra-libérales par voie de presse, hors de tout débat démocratique,

Sournois plus encore, lorsque vous suggérez que l'État renfloue trop sa caisse de pension, alors qu'il demande surtout aux générations futures de rembourser les parts patronales que l'État a économisées sur les générations passées.

Sournois, enfin, lorsque vous vous livrez à un odieux chantage sur une prise de position politique, que seules vos convictions politiques devraient dicter.

Je pourrais continuer, mais doutant de votre courage à publier ce commentaire, je me contente de renvoyer les hypothétiques lecteurs à une note plus complète à ce sujet : http://bit.ly/SXnbWO

Avec mes cordiales salutations militantes.

Julien Nicolet

 

Le commentaire de Salima Moyard, que vous avez également censuré.

Monsieur Cuendet,

Heureusement que vous n’êtes pas enseignant car vous semblez accorder bien plus d’importance au fait que les élèves puissent faire la fête une après-midi que de péjorer durablement et considérablement les conditions de travail de ces mêmes élèves.

Vous vous étonnez que soient lus par d’autres vos propositions et autres remèdes faciles à la dette cantonale que votre propre parti a créée, en étant systématiquement majoritaire au gouvernement et au parlement à deux exceptions près dans l’histoire récente ? Vous devriez plutôt vous en réjouir.

Rétablissons ensuite une contre-vérité : vous confondez porte-parole et assemblée décisionnaire. Les trois signataires dont je fais partie sont des membres du bureau de l’association des maîtres du CO Drize qui ont rédigé le communiqué de presse annonçant une position, elle, prise démocratiquement par l’assemblée des maîtres. J’ai, contrairement à d’autres, l’humilité de me placer là où est ma fonction, celle de représentation et non de dictatrice.

Que dire ensuite de votre conception de la démocratie, celle où la majorité de droite se croit toute-puissante et où les employés des services publics sont privés du droit d’expression, sinon que la satisfaction de ne vous savoir « que » député ? Et si le fait de servir par son travail la population (car les services publics, c’est bien cela, au cas où vous l’auriez oublié) devait ôter toute liberté de pensée, de parole et de critique, comment se fait-il que votre collègue de parti, Pierre Weiss, n’ait pas déjà renoncé à sa fonction à l’Université, à son salaire ou à sa caisse de pension provenant d’un Etat à vous entendre si mal gouverné, dispendieux et incapable ?

Votre parti tente par ailleurs constamment de corréler le budget 2013 au vote populaire du 3 mars prochain sur la fusion des caisses de pension CIA et CEH pour tenter au passage de couper encore dans les suppressions de prestations à la population. Ce lien est excessif, mais je vais vous faire une confidence : j’aurais voté la loi si les principaux amendements socialistes avaient été votés, ce qui n’a pas été le cas. Cette loi est mauvaise et j’ai voté contre pour indiquer ma conviction profonde. Je voterai par contre oui le 3 mars car je considère que cette loi, même mauvaise, est moins pire que le risque de liquidation et cette position est aussi celle de la FAMCO que je préside ainsi que du Cartel intersyndical de la fonction publique, notre faîtière. Vous pouvez bien dès lors gesticuler et menacer de ne pas voter pour la loi le 3 mars ; vous ne bernez personne car vous ne voulez pas non plus, et cela sera certainement notre seul point commun, la mise en liquidation des caisses de pension publiques car ce serait, outre la risée de la Suisse, une catastrophe pour les finances du canton avec les prestations légales de libre-passage à verser par l’Etat.

Pour terminer, revenons aux élèves qui sont chaque jour l’objet de toute mon action professionnelle. Priver nos élèves d’une séance de cinéma ou d’un moment de patinoire et - quelle horreur, à vous entendre ! - leur donner nos cours, seul métier qui est en définitive le nôtre ; voilà « le châtiment » dont vous parlez, alors que les seules choses « lamentables » dans cette affaire sont bien les propositions que vous et votre parti, majoritaire au parlement, avez faites avec 2 élèves de plus par classe et surtout le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Alors un enseignant pour une classe de 48 élèves au lieu de 24 ? C’est pour dénoncer cette attaque en règle contre les conditions de formation des élèves que les enseignants du CO Drize ont, modestement, à leur manière et sans nuire à l’enseignement de leurs élèves, décidé cette action symbolique. Si par contre vous pensez qu’il est possible d’enseigner avec qualité à 48 élèves en même temps, je vous invite à venir tenter l’expérience un matin au CO Drize… Vous serez ainsi confrontés aux réalités que vous semblez si mal connaître.

06/11/2012

PLR: L'effroyable machination !

On savait que les Libéraux rêvaient d'un autre monde, plus injuste, où l'État serait recroquevillé sur ses fonctions policières et juridiques. On savait que, en fonction des époques, ce rêve séduisait parfois les nébuleuses radicales et démocrates-chrétiennes qui gravitent autour de ce trou noir de la politique, paroxysme du néant auto-proclamé - Je veux que l'État dont je suis le représentant disparaisse ! -, dont la force gravitationnelle est parfois capable de dévoyer certaines formes d'humanismes et d'altruismes.

Les idées brouillées par ce maëlstrom, nous faisions mine d'oublier que la réalité est souvent moins poétique et que, pour parvenir à leurs funestes desseins, les archontes PLR n'hésitent pas à jouer les satrapes de fantaisie en tentant d'accomoder Machiavel à la sauce locale.

On peut résumer la farce tragique que ces apprentis Basam-Damdu sont en train de nous jouer en sept actes dont le prochain dénouement nous confirmera que, une fois les masques tombés, se révèlent à nos yeux de mesquines faces cupides d'arrivistes sans scrupule.

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04/09/2011

PLR: Avant de surveiller les frontières, il faudrait savoir où elles sont !

 

J'ai eu le douteux privilège d'assister au discours du 1er août de Pierre Weiss, invité de ma commune de domicile. Je dis bien « assister », car après quelques pontifiantes prémices, le brouhaha des indisciplinés et des indignés l'a progressivement rendu inaudible.

Indignés ? En ce qui me concerne, dans un premier temps, j'ai simplement cru qu'il avait par mégarde échangé son discours avec un de ses nouveaux camarades UDC, et que, enhardi par l'excellent gamay local, il ne s'en était pas rendu compte.

En effet, il était surtout question de criminels étrangers, de frontières qu'il fallait surveiller, de garde-frontière qu'il fallait multiplier et de caméras électroniques qu'il fallait installer. Aucune proposition, en revanche, pour juguler la criminalité des mafieux qui viennent blanchir leur sale trésor à l'ombre du jet d'eau.

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