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08/03/2012

La journée des femmes vue de Palexpo

Étrange idée que de choisir la Journée des Femmes pour ouvrir le Salon de l'Auto 2012. Les organisateurs expliqueraient sans doute qu'ils n'avaient pas conscience de cette coïncidence ou que des impératifs supérieurs les ont contraints à choisir cette date, premiers indices de la haute considération dont jouït le genre féminin dans le monde de la bagnole.

Car, si le procès de la voiture en termes de santé publique, de mitage du territoire, de pollutions diverses, de laideur et d'asservissement économique est largement instruit, il n'est pas inintéressant de s'arrêter sur les liens entre féminité et automobile. Et là, autant dire que, des calendriersgiulettaJPG1-300x300.jpg Pirelli aux hôtesses de Palexpo, on aura vite compris que l'automane moyen considère sa voiture comme sa femme, à savoir comme un objet transitionnel censé assouvir ses pulsions les plus primaires.

Exagéré ? Que l'on jette un oeil à la dernière pub d'une marque pas pire que les autres pour se convaincre de la relation fondamentalement primaire et obsessionnel d'une part de l'humanité à son véhicule.

Rendons hommage à toutes les Giuletta, toutes les Mercedes, toutes les Mégane, dont l'identité a été usurpée par l'industrie automobile - avec une pensée pour ma fille cadette, dont le prénom, semble-t-il, connaîtra prochainement le même sort...

Rendons hommage à toutes celles qui devront endurer, au cours des 10 prochains jours, les regards et les gestes libidineux des machos en troupeaux venus tâter des calandres à Palexpo !

...et réjouissons-nous: Le motif de crépuscule choisi comme affiche du salon met en évidence que les adorateurs de carburateurs se considèrent eux-même comme des fins de race...

 

22/09/2011

Le Pédibus: vers une sécurisation des accès aux écoles ?

Lorsqu'on me parle d'insécurité à Genève, je pense généralement aux abords des préaux scolaires, trop souvent transformés en jungles automobiles où certains parents déposent en trombe leur progéniture ou laissent leur véhicule en travers de l'accès des autres élèves piétons ou cyclistes.pedibus-geneve.jpg

Pourquoi véhiculent-ils ainsi leur enfant, alors que les écoles sont pour presque tous à portée de marche ou de vélo ? Précisément parce que le trafic automobile leur semble trop dangereux pour que leur chérubin s'y risque... Cas exemplaire de cercle vicieux et démonstration supplémentaire que la somme des intérêts particuliers ne crée pas nécessairement de l'intérêt général...

Comme souvent, c'est de la société civile qu'est apparue une élégante solution, le Pédibus. Ramassage scolaire à pied, ce mode de déplacement connaît un tel succès que ce mot est progressivement entré dans notre vocabulaire.

Cas d'école du "penser global, agir local", le pédibus cumule tellement d'avantages (santé publique, socialisation, protection de l'environnement, partage des tâches entre parents,...) que nul ne saurait regretter son apparition.

Depuis quelques années, le 22 septembre est devenu la journée internationale "à pied à l'école", organisée par le Pédibus. Dans ma commune, l'Association des Parents d'Elèves et les coordonatriPhoto0115.jpgces des deux lignes de Pédibus organisent dans ce cadre une fête fort appréciée: Les enfants ont l'occasion de tester une multitude de moyens de transport "doux" (diverses trottinettes, échasses, monocycles) sur un parcours occupant un tronçon d'une petite route entre Avusy et Athenaz généralement ouverte au trafic, bien que parallèle à 100 mètres d'une autre route...

Cette fête permet aux parents-automobilistes de réaliser à quel point les enfants sont heureux lorsqu'ils peuvent jouer loin du trafic et combien la mobilité douce rend sociable. Certains comprennent que le mini-détour par la route principale permet de garantir leur bien-être et leur sécurité, d'autres se rendent même compte qu'il n'est pas impossible de parcourir le petit kilomètre séparant les deux villages à pied, en trottinette ou à vélo...

Ce succès dans une petite commune rurale et pas particulièrement progressiste me laisse croire que la population ferait très bon accueil à une initiative demandant la création d'accès vélos-piétons en site propre autour de chaque école du canton. En pratique, il s'agirait de tracer des mini-voies vertes rayonnant autour des écoles, permettant aux élèves de circuler en toute sécurité et de bénéficier de la priorité.

Sans être révolutionnaire, ce texte complèterait à merveille l'initiative pour la "mobilité douce" acceptée le 15 mai dernier et celle "pour 200 rues piétonnes" accepté par le Conseil Municipal de la Ville. Une fois ces textes appliqués, il suffirait de compléter les chaînons manquants et d'adapter la signalisation.

Vive le pédibus ! Merci à tout-e-s celles et ceux qui s'investissent pour notre sécurité et notre qualité de vie !