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  • RFFA - La stupéfiante réponse de la fondation Partage...

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    Mardi passé, j'écrivais à la fondation Partage pour lui demander les raisons de son soutien à RFFA, largement relayé par la presse.

    Entre temps, des candidats au Conseil Administratif de la ville témoignaient de leur stupéfaction de voir une fondation prétendant lutter contre la misère militer en faveur de la baisse de la fiscalité des entreprises les plus florissantes.

    Je demandais aux responsables de la fondation d'expliquer ce qui apparaît comme d'évidents paradoxes en leur posant quelques questions simples sur leur positionnement.

    La réponse, signée du PLR Marc Nobs et du dissident PS Charles Beer, le premier directeur et le second président de la fondation est proprement stupéfiante.

    Au lieu de s'expliquer, arguments à l'appui, les deux ex-élus, engagés jusqu'au cou dans une campagne politique, affirment benoîtement que leur fondation "n'intervient pas dans le champ politique".

    Il apparaît au contraire que ces deux-là ont largement mélangé leurs casquettes et ont engagé Partage dans un débat dans lequel elle n'aurait jamais dû intervenir ou, le cas échéant, en s'opposant à une réforme qui s'apprête à renforcer les inégalités et la précarité à Genève.

    Pendant ce temps, la fondation continue à recruter des bénévoles pour ses prochaines actions et à encaisser des fonds publics, tout en courant les médias et en se pavanant avec les pro-RFFA...

    Je vous laisse découvrir cette stupéfiante réponse, tout en vous laissant le soin de préparer la vôtre la prochaine fois qu'on vous demandera de faire preuve de solidarité avec une fondation qui se fiche à ce point de la tête des Genevois-e-s...

     

    Cher Monsieur,

    Nous vous remercions pour votre message et l'intérêt que vous portez à notre fondation.

    La fondation Partage est une institution reconnue d'utilité publique qui s’engage dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, elle apporte aussi une réponse partielle à la problématique de la précarité alimentaire et la réinsertion professionnelle.

    Elle n’intervient pas dans le champ politique.

    Nous avons simplement choisi de faire, lors de cette conférence de presse, un témoignage sur la réalité de notre travail, sur ce que nous vivons au quotidien avec nos partenaires et leurs soutiens.

    Nous vous remercions pour votre compréhension. Bien cordialement.

    Charles Beer président de la fondation Partage et Marc Nobs directeur

  • Lettre ouverte à la fondation Partage à propos de RFFA

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    Lettre ouverte à la Fondation Partage

    Madame, Monsieur,


    J'ai appris par la presse que votre fondation avait choisi de s'engager en faveur de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) dont l'objectif principal est de réduire l'impôt sur le bénéfice des personnes morales et, de ce fait, d'assécher les finances publiques.


    Comme vous le savez, la fiscalité est un instrument important de redistribution des richesses et je ne parviens pas à comprendre comment une organisation comme la vôtre décide de soutenir un projet qui aura inévitablement pour conséquence de renforcer les inégalités qu'elle prétend combattre.

    Comment pourrez-vous, après avoir soutenu de pareils avantages fiscaux à des entreprises florissantes, oser demander à des citoyen-ne-s de travailler bénévolement pour collecter des denrées offertes sans contrepartie par d'autres citoyen-ne-s ?

    Comment oserez-vous, après avoir contribué à assécher leurs recettes, demander le soutien des collectivités publiques, Etat, communes, qui ont jusqu'à maintenant contribué à la réussite de votre entreprise ?

    Ne percevez-vous pas l'immense incohérence qu'il y a à vouloir tout à la fois construire un monde où les valeurs cardinales seraient la générosité, la coopération et, c'est la cas de le dire, le partage tout en prenant partie dans un débat sur la fiscalité où la concurrence, l'avidité et le chantage sont les arguments principaux ?

    Je ne peux pas croire que, comme un entrepreneur avide de marchés, vous espérez le renforcement de la misère dans notre canton. Je ne peux pas croire que les prétendues compensations sociales - qui n'amélioreront nullement le sort des plus démunis - vous aient convaincus...

    Alors... alors... je ne vois pas... et j'attends votre réponse en réservant la mienne pour la prochaine occasion où l'un de vos généreux bénévoles viendrait faire appel à ma générosité.

    Bien à vous.

    Julien Nicolet