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La fin des haricots ou le début décroissant ? - Page 12

  • Les CCT, cache-misère du partenariat social...

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    Chaque fois qu'il s'agit d'ancrer dans la loi une amélioration des conditions sociales, c'est le même refrain: Les CCT sont la solution-miracle à la sauce helvétique, garantes d'un sain partenariat social et d'une paix du travail que nos voisins nous envient.

    Et voilà qu'une fois de plus, un employeur, Gate Gourmet, nous fait la démonstration que, si les CCT sont effectivement des outils nécessaires, elles ne sont malheureusement pas suffisantes pour protéger correctement les travailleurs lorsque les conditions économiques leur sont défavorables.

    Pour s'en convaincre, mettons en parallèle deux situations...

    Il est inutile d'imposer aux fabricants d'équiper les voitures avec des ceintures de sécurité. En effet, la sécurité des conducteurs relève avant tout de leur responsabilité personnelle, et l'immiscion de l'État dans cette affaire n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires routiers, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les trajets se déroulent à la satisfaction de toutes les parties, sans incident.

    De plus, équiper tous les véhicules de ceintures aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des fabricants et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

    Il est vrai que certains conducteurs sont victimes de chauffards méprisant les règles de la circulation. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 0,001% des trajets effectués se terminent par un décès) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces dangers publics.

    Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des usagers de la route et leur responsabilisation sont la seule voie envisageable pour assurer la sécurité routière.

    Il est inutile d'imposer aux employeurs des conditions sociales contraignantes. En effet, le contenu des contrats relève avant tout de la responsabilité personnelle des employés, et l'immiscion de l'État dans ces affaires n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires sociaux, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les conditions de travail satisfont toutes les parties, sans incident.

    De plus, imposer des normes sociales contraignantes aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des entreprises et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

    Il est vrai que certains employés sont victimes de patrons-voyous méprisant les règles du partenariat social. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 30% des employés se plaignent de leurs conditions de travail) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces employeurs indélicats.

    Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des partenaires sociaux et leur responsabilisation, dans le cadre de négociations sur des CCT, sont la seule voie envisageable pour assurer la paix du travail.

    Dans l'immédiat:

    - Soutenons les employés de Gate Gourmet qui mènent une grève courageuse et nécessaire. Les lève-tôt peuvent s'y rendre mercredi 18, dès 6h15 !

    - Examinons ce qu'il adviendra de la proposition de résolution déposée par les Verts et le PS, demandant que le Conseil d'État exige de l'Aéroport, entreprise public, qu'il fasse respecter les règles élémentaires du partenariat social à ses sous-traitants.

    - Refusons la Xème péjoration de la Loi sur le Travail dimanche prochain.

    - Réfléchissons bien avant d'élire nos autorités le 6 octobre...


  • Te recuerdo, Salvador...

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    allende_salvador.jpgSalvador n'était pas beau, ne sentait pas le sable chaud. Il ne portait pas le treillis ni le béret mais une modeste moustache et de grosses lunettes de myope.

    Il est pourtant celui qui a mis en œuvre de la façon la plus aboutie un véritable projet social-démocrate. Celui qui n'a jamais renié les deux composantes de ce terme, que de pseudo-socialistes et de pseudo-démocrates se sont ingéniés à pervertir au cours des décennies suivantes.

    Il est aussi la réponse ultime à tous ceux qui nous traitent de staliniens ou de castristes dès lors que nous osons imaginer une autre économie, un autre contrat social. Car, en l'occurrence, ce sont bien les démocraties libérales qui ont sapé ignominieusement le projet socialiste chilien et ont fini par le remplacer par une des pires dictatures du siècle.

    Le Courrier de mardi nous rappelait que la Suisse, démocratie auto-proclamée exemplaire, n'avait pas hésité à annuler la garantie des risques à l'exportation vers le Chili, contribuant ainsi à l'asphyxie de tout un pays... Il nous apprend également que les diplomates suisses sablaient le champagne il y a quarante ans... et que les portes de l'ambassade s'étaient fermées devant celles et ceux qui fuyaient la répression.

    J'étais au Chili en 1990, en pleine transition, j'avais 17 ans et les Chiliens redécouvraient la liberté de s'exprimer, de débattre, de critiquer et de rêver. J'étais au Chili, dans un colectivo, en août 2000 lorsque la radio a annoncé la levée de l'immunité de Pinochet par la cour suprême. J'ai partagé l'enthousiasme et la joie, un peu désabusés, du chauffeur et des autres passagers...

    Certains se désolent des errances libérales, militaristes ou démagogiques des systèmes démocratiques sud-américains. Je préfère garder l'image de militants enthousiastes, d'idées audacieuses et de forums improvisés.

    Cette Amérique du Sud te doit beaucoup, compañero presidente !

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  • Les coopératives maraîchères recherchent de nouveaux adhérents.

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    070819courgette.jpgVous serez peut-être surpris de l'apprendre: La plupart des coopératives maraîchères romandes sont à la recherche de coopérateurs. Après plusieurs années où les listes d'attente s'allongeaient monstrueusement, au point de décourager certains intéressés, le mouvement semble s'inverser. Le Jardin des Charrotons, par exemple, propose encore quelques paniers hebdomadaires pour l'année 2013, et commence à se faire du souci pour 2014... La situation est à peu près semblable dans les différentes initiatives ACP (agriculture contractuelle de proximité) de Romandie.

    Pourquoi cela ?

    1. Une incapacité à faire de la pub.

    Foncièrement rétives au principe publicitaire et habituées à ne pas manquer de bonnes volontés, les ACP n'ont pas l'habitude, ni l'envie, de développer des trésors de séduction pour convaincre les consommateurs de leurs vertus. De ce fait, bien des gens renoncent encore à s'inscrire, croyant que les listes d'attente sont encore importantes, ce qui n'est plus le cas.

    2. Une concurrence... plus ou moins loyale.

    Le développement de nouvelles ACP a permis aux Romands de trouver un système d'approvisionnement qui leur convient... et c'est heureux !

    Malheureusement, on constate que, le capitalisme se réappropriant systématiquement les bonnes idées pour les pervertir, de nombreux acteurs économiques ont bien compris que les termes "bio" et "local" pouvaient rapporter gros, par l'instrumentalisation du besoin de bonne conscience des consommateurs. C'est ainsi que la grande distribution n'hésite pas à vendre des produits "bio" ayant parcourus des milliers de kilomètres et produits dans des conditions sociales plus que douteuses.

    La "vente directe" séduit également ceux qui ne réalisent pas que les agro-industriels concernés vendent bien souvent des fruits et légumes produits hors-sol dans des serres chauffées aux hydrocarbures...

    La FRACP, qui fédère les ACP romandes commence à en prendre conscience et cherche à préciser sa charte, dans le but de distinguer les initiatives qui suivent ses principes de celles qui surfent sur la vague "local-bio". Ce travail semblait inutile, il est soudain devenu urgent.

    3. La fin de la "mode verte" ?

    Il y a quelques années encore, tout verdissait. Les animateurs TV, les marques de 4x4, et même les libéraux adoptaient une couleur résolument tendance. Nous avions d'ailleurs relevé la part d'hypocrisie de cette mode environnementaliste, dénuée de convictions et de programme politique. Aujourd'hui, Doris Leuthard diminue les subventions au solaire, Fukushima va accueillir les prochains JO et les opposants au gaz de schiste passent pour des réactionnaires.

     4. Un malentendu sur les principes fondant les coopératives maraîchères.

    Certes, le caractère biologique et local de la production des coopératives est essentiel. Cependant, les ACP y ajoutent d'autres principes, tout aussi fondamentaux, qui ne sont pas toujours compris par certains coopérateurs.

    Fondamentalement, les coopératives cherchent à redéfinir la relation producteurs-consommateurs. En effet, par leurs parts sociales, les coopérateurs sont de fait également producteur071819patates3.jpgs et donc responsables de ce qu'ils consomment. Cette responsabilité leur permet d'influer concrètement sur la conduite de l'entreprise, que ce soit lors de discussions à bâtons rompus sur le terrain ou lors des AG, qui permettent effectivement de prendre des décisions importantes concernant la production, son prix, les salaires versés, etc.

    Cette responsabilité implique aussi que les consommateurs consacrent un peu de temps et d'énergie à la production, de part leur présence régulière sur le terrain (Les Charrotons et Les Jardins de Cocagne demandent par exemple 4 demi-journée de coups de main, nécessaires tant pour le travail effectué que pour les contacts établis avec les maraîchers et les autres coopérateurs) et leur implication dans les affaires de la coopérative.

    Car il ne s'agit pas juste de produire mieux, moins cher, sans gaspillage. Il s'agit de faire vivre et évoluer un modèle économique alternatif visant à rompre avec l'idéologie de la concurrence et du profit.

    Ça marche, c'est passionnant, c'est convivial et très souvent rigolo, mais c'est un chemin parfois difficile et parsemé de pièges inattendus. Si vous voulez le suivre en notre compagnie, n'hésitez pas à nous rejoindre !

  • Militaire-fiction

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    Les commentaires suscités par ma note de mercredi sur l'initiative du GSsA se rejoignent sur un constat: Notre armée se cherche une mission...

    Partant logiquement de cette situation un tantinet ubuesque où une institution bien ancrée semble errer depuis un quart de siècle dans les limbes d'une inutilité qu'elle semble elle-même reconnaître, je me permets de renverser notre point de vue et de poser la question suivante:

    Imaginons... 26 novembre 1989, surprise: la population vote l'abolition de l'armée... Dès 1990 la conscription disparaît et, quelques mois plus tard, la Suisse se défait du matériel de guerre, abandonne les écoles de recrue et cours de répétition et vend ou transforme le patrimoine immobilier de son armée.

    Pour le reste, on peut raisonnablement admettre que les 23 années suivantes se seraient globalement déroulées de la même façon, à quelques détails près (des randonnées alpines sans fighters, des vendredis ferroviaires sans beuveries, quelques milliards mieux investis,...). La géopolitique mondiale n'en eût guère été bouleversée...

    Question: Aujourd'hui, en 2013, quelles forces politiques, quels milieux économiques ou sociaux réclameraient la réinstauration d'une armée dans notre pays, et avec quels arguments ?

    A vos copies...

  • Armée: Comment se débarrasser de la charogne ?

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    Je dois confesser un manque de conviction face à l'initiative du GSsA sur l'abrogation de l'obligation de servir.armee2.jpg

    Car enfin, si l'on ne peut que souhaiter l'abolition de cette dispendieuse mascarade qu'est l'armée suisse, doit-on nécessairement commencer par ce qu'elle a de moins haïssable, à savoir l'idée que chacun doit servir bénévolement la collectivité, à un moment de sa vie ?

    Doit-on vraiment avancer pour seul argument que les jeunes n'ont pas "le temps" de jouer à servir, alors même que l'guerre.jpgon s'ingénie à imaginer des modèles de société où l'on ne serait plus obnubilés par la vitesse, l'appât du gain et l'obsession de l'efficacité ?

    Alors vous me direz que l'armée est une vieille charogne dont l'inutilité et les nuisances sont de plus en plus évidentes, que l'obligation de servir ne concerne pas les femmes, et que plus de la moitié des hommes parviennent à s'en soustraire.

    J'essaierai sans grande conviction de vous répondre que, malgré tout, une armée de citoyens vaudra toujours mieux qu'une armée de volontaires, fatras de têtes brûlées, de frustrés et de chefaillons.

    Mais, au moment de voter, il me suffira de me rappeler les trois jours passés à la caserne de Berne, il y a 18 ans. Trois jours où j'ai été confronté à la laideur de l'uniforme, à la stupidité d'un système basé sur la valorisation des roquets, de la hiérarchie et des plus bas instincts, à la négation de la réflexion, à un étalage de bêtise, d'autoritarisme, d'ordres imbéciles, de virilité primaire, de fonds gaspillés, de nationalisme, de réveils au petit matin et de hurlements dans la cour de la caserne.

    Trois jours qui m'ont suffi pour que je ne souhaite à personne pareille expérience et qui me convainquent de voter OUI à la suppression de l'obligation de servir.

  • Affiches: La vraie faute du PS

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    PS.pngNe comptez pas sur moi pour me prononcer sur l'affaire du "plagiat" du Parti Socialiste soulevée par la presse hier... ni d'ailleurs sur le caractère esthétique ou électoralement porteur des affiches en question.

    Non, le seul élément qui retient mon attention est une phrase de l'article de Cominmag, le site qui a soulevé le lièvre: "Aucune agence de communication n’a imaginé ou supervisé sa conception ou sa réalisation."

    Lorsqu'on réalise que ce site est édité par Publicité Suisse, qui fédère les acteurs, on se rend compte que la vraie faute du PS, c'est d'avoir créé ses visuels en amateurs, à l'interne, sans gaspiller les cotisations des adhérents auprès des sous-Séguéla de la place...

    Un bon point donc pour un parti qui a manifestement renoncé à engraisser les acteurs d'une activité qui contribue essentiellement à l'enlaidissement de nos rues, au parasitisme de notre économie, à la surconsommation et à la dévastation de notre environnement.

    ...et un regret amer envers tous les médias qui se sont bien gardés de relever le confit d'intérêt à la base de l'article de Cominmag. Il est vrai, que, par les temps qui courent, la presse, tout indépendante qu'elle clame être, ne cherche sans doute pas à se mettre les publicitaires à dos.

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  • Mort aux PME !

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    38712775artisan-jpg.jpgRassurez-vous, mitonneurs de plats du jour, démêleurs de chignons, sarcleurs de parchets, soudeurs de cheneaux, ingénieurs civils, comptables, forgerons et artisans, ce n'est pas votre entreprise que je vise...

    Bien au contraire, c'est leur défense que je prends en dénonçant l'abus de langage consistant à les regrouper dans un terme flou, "PME" dont l'usage permet surtout à d'autres entrepreneurs bien moins méritants que vous de bénéficier des faveurs et des louanges que la communauté devrait vous réserver.

    Commençons par l'acronyme lui-même. Moi qui suis père de trois enfants, je réalise au quotidien qu'il n'y a aucune raison de jumuler les moyens avec les petits plutôt qu'avec les grands... Or là, il est incontestable que les "moyennes" entreprises (qui emploient tout de même jusqu'à 250 personnes, voire plus selon d'autres définitions...) profitent indûment du terme "petit" auquel elles se rattachent, alors que leur fonctionnement et leurs buts diffèrent complètement des vôtres.

    Poursuivons en nous demandant l'intérêt qu'il y a à regrouper les entreprises par taille. Du point de vue politique, c'est évidemment une ficelle démagogique permettant aux candidats de se montrer sympathiques et soucieux du développement de l'économie locale. Qui d'ailleurs se permettrait de développer un discours critique sur les PME ?

    Du point de vue économique, ce n'est pas si simple. Car, quand je dis "PME", vous imaginez aussitôt la menuiserie, le Café du Commerce ou l'horloger de votre quartier, mais vous oubliez le sous-traitant du fabricant d'armes, le pollueur de nappes phréatiques, l'évadeur fiscal et l'exploiteur de clandestins. Pour faire court, toutes les PME ne concourent pas également au bonheur des gens et à la qualité de leur environnement et les regrouper sous un même terme ne bénéfice en fait qu'aux brebis galeuses bien heureuses de se voir introduites ainsi dans la bergerie.

    Un exemple manifeste de cet abus est l'engagement de l'USAM comme fer de lance du NON à l'initiative 1:12. Rappelons que l'USAM est précisément censée défendre les PME qui, dans leur immense majorité ne sont en rien concernées par la question des écarts salariaux, puisque leurs patrons, comme chacun le sait, ont plutôt de la peine à joindre les deux bouts. Comment peuvent-ils alors accepter que leurs cotisations partent pour mener un combat qui ne concerne que des méga-entreprises dont les valeurs et le fonctionnement sont inverses des leurs ?

    Ce qu'il faudrait, une fois que chacun aura extirpé "PME" de son vocabulaire, c'est inventer un nouvel acronyme désignant les entreprises locales qui produisent de l'utilité sociale, qui respectent leurs employés et leurs clients, bref, font vivre notre ville et notre canton. Elles existent, elles sont nombreuses, et ne méritent pas qu'on les confonde avec les entreprises inutiles, nuisibles ou malhonnêtes qui, malheureusement, prolifèrent également sous nos cieux.

  • Veyrier, les fonctionnaires et les économistes de comptoir...

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    Effet d'annonce: La commune de Veyrier vient de liquider le statut de son personnel. "Archaïque", tel est l'unique argument utilisé par les fossoyeurs du statut de fonctionnaire qui prétendent sans doute désengluer leur "ville" des affres bolchéviques du XXe siècle genevois.

    fonctionnaires_charb.jpgOr, dès lors que l'on parvient à s'extraire des arguments purement émotionnels, on peut se demander quels sont les raisons d'être des particularités du statut de fonctionnaire, à savoir une certaine sécurité de l'emploi (dont l'interprétation excessive nuit d'ailleurs à son crédit) et surtout une grille salariale fixe, publique et transparente.

    Il n'est pas question de ressortir ici les arguments syndicaux mettant en évidence les avantages sociaux, voire psychologiques, de la sécurité de l'emploi, mais de montrer en quoi ces particularités sont nécessaires à une saine gestion des deniers publics.

    On relèvera pour commencer que cette décision est un manifeste aveu de faiblesse des autorités veyrites. En effet, de deux choses l'unes:

    - soit la fonction publique communale fonctionne sans problème, et cette décision inutile et vexatoire n'aurait donc pour but que de flatter les bas instincts populisants de l'électorat,

    - soit les employés ne fournissent pas un travail satisfaisant, et c'est donc le Conseil Administratif qui admet ainsi son incapacité à créer des conditions de travail corrects et motivantes, sans devoir user de l'arme salariale... pas très brillant dans une petite commune où tous les employés devraient se connaître et travailler collégialement...

    Mais ce qui frappe surtout, c'est cette aveuglante myopie consistant à croire qu'une collectivité publique se gère comme une PME et que c'est donc au "patron" de déterminer le niveau des salaires selon son bon plaisir. Les différences qui rendent ce fonctionnement impossible sont pourtant évidentes:

    - Le circuit économique public est complètement différent. La commune n'a pas pour vocation de vendre des biens ou des services et donc ses autorités n'ont pas pour mission de redistribuer des plus-values réalisées par le travail de leurs employés. Cela semble pourtant évident: les revenus de la commune ne sont pas générés par la gestion du Conseil Administratif. Il n'a donc aucune légitimité économique à les redistribuer à sa guise.

    - Si l'on peut relativement facilement calculer le rendement d'un carrossier ou d'une secrétaire médicale, on ne peut faire ce calcul pour un employé public, dont la mission première est d'assurer une bonne qualité de vie et de service à la population. Va-t-on donner un bonus à celui qui aura ramassé toutes les feuilles en deux heures ou à celui qui aura préféré ne pas faire fonctionner sa souffleuse sous les fenêtres de l'EMS et de l'école, quitte à perdre un peu de temps ?

    - L'existence d'une grille salariale publique et transparente est avant tout une garantie pour le contribuable que l'argent de ses impôts n'est pas utilisé de façon arbitraire. La disparition progressive de ces grilles ou l'apparition de bonus et de malus rend non seulement la planification budgétaire impossible (Que faire par exemple, lorsque le budget ne permet pas d'attribuer à tous des bonus, même s'ils le "mériteraient" ?), mais donne des pouvoirs indus à l'autorité exécutive. A l'heure où l'on crée partout des Cours des Comptes, voilà de micro-collectivités publiques qui veulent s'arroger le droit de distribuer la manne fiscale sans en référer à la population, pourtant souveraine... Comment l'accepter ?

    En bref, plutôt que de surfer sur la vague anti-fonctionnaire qui submerge notre canton, les autorités de Veyrier auraient mieux fait de se rappeler que, lorsque nous élisons un Maire, nous souhaitons qu'il administre intelligemment et humainement notre patelin et non qu'il rêve de se transformer en Père Noël... ou en Père Fouettard...